Jean Joël Gardebien soupçonné d'avoir tué son coloc: 12 années de réclusion requises

Dernier jour de procès pour Jean Joël Gardebien, accusé de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner" sur son coloc, Grégory Béraux, 34 ans le 10 avril 2015 à l'Entre-Deux. Malgré des aveux en garde à vue – une bagarre qui a mal tourné entre les deux hommes – en décembre 2015, il change très vite de version : non, ils ne se sont pas battus et Jean Joël Gardebien n’y est pour rien.
Des ossements au pied d’une falaise à 50 mètres du domicile, le caractère violent de l’accusé, les égratignures sur son corps et ces aveux "après 28 heures de garde à vue" et sous "la pression des gendarmes", selon la défense… Donc pas de preuves concrètes.
Mais Jean Joël Gardebien ment. Tout le temps. Et il avait déjà blessé son coloc d’un coup de couteau à la main. Et ses paroles au téléphone avec le père de la victime : "Est-ce qu’on a trouvé le meurtrier ?", alors qu’il ne s’agit toujours que d’une "disparition inquiétante". Ces éléments suffisent-ils ?
Pour l’avocat général, "l’accusé a bien commis les faits". Cet homme pour qui "la violence faisait partie de sa vie" et qui avait "un goût pour la bagarre et l’alcool". En garde à vue, "les gendarmes insistent car ils ont envie de savoir" ; "les autres aussi on leur posait des questions", ajoute-t-il. Et les aveux sont détaillés, des détails que l’on n'invente pas pour faire plaisir aux gendarmes, précise l'avocat général.
Mais imploré de dire la vérité par la mère et la soeur de la famille, en larmes - "entendre des mensonges, c'est une torture", "tu dois dire la vérité", "je sais que tu sais", "on a besoin d'avancer" - il maintient: "Je suis attristé, je suis désolée, je comprends, mais je n'y suis pour rien".
L'avocat général a requis 12 années de réclusion.


