Je dénonce les organismes de formation qui ouvrent pendant le confinement

En raison de mon statut de formateur indépendant et de ma position de directeur d'organisme de formation, vous le comprendrez bien, je me dois de m'exprimer ouvertement dans cette tribune libre.
En cette période de confinement où l'heure est assez grave, la difficulté est déjà très importante pour les entreprises et les indépendants.
Dehors, il y a des malades dont malheureusement certains ont perdu la vie, d'autres qui risquent chaque jour leurs vies du fait du COVID-19.
Hier matin, lors d'une conversation privée au sujet professionnel et concernant la formation, j'ai eu la surprise et la stupéfaction d'apprendre que dans des organismes privés voire semi-publics, des actions de formation en présentiel étaient organisées. Par conséquence, ces organismes avaient donc repris leurs activités en dépit du contexte actuel et des mesures de confinement prises à cet effet.
Ce message s'adresse autant au grand public comme aux autorités telles que Le Préfet de la Réunion, nos élus, dont le Président de la Région Réunion, également le Président du Conseil Départemental, du Président de la C.C.I et de la D.I.E.C.T.E.
Comment des Établissements Recevant du Public de type R, relevant de l'arrêté du 25 juin 1980 et assujettis, tenus sous le cadre de la loi et mesures prises depuis officiellement le 16 mars ainsi que les prolongations qui ont suivi jusqu'à la dernière allocution du Président de la République puis jusqu'au 11 mai, peuvent se permettre de ré-ouvrir sur initiative personnelle sans dérogation particulière, afin de dispenser leurs actions de formation en dépit du danger.
Je tiens aussi à relever l'irresponsabilité de ces dirigeants d'organismes ainsi que des formateurs salariés et indépendants, car tel est le cas, à l'encontre du bon sens, de la sécurité et de la santé publique, de reprendre sans accord des autorités en connaissance de cause, sous prétexte je cite "il faut bien bosser", des risques encourus, pour eux même, les apprenants, leurs propres familles respectives et indirectement toutes personnes qu'ils pourraient contaminer potentiellement.
Ces personnes constituent par complicité et en groupe, une mise en danger d'autrui et non-assistance à personne en péril, de fait un manquement délibéré de surcroît ainsi qu'une faute inexcusable, car le délit est sur le fond et la forme constitué et réalisé depuis hier.
Je pose ouvertement les questions suivantes aux autorités concernées et citées ci-dessus :
1- En raison de quoi, et de quel droit surtout ici sur le territoire réunionnais, ceux évoqués ce sont permis de rouvrir ?
2-Les autorités cautionnent-elles cette ou ces ouvertures ou vont-elles réagir et faire appliquer la loi et sanctionner ces manquements à la loi comme il se doit et dans le principe républicain qui est le nôtre ?
3-Est-ce que dans cette république, monsieur le Préfet, des passe-droits sont octroyés aux Établissements relevant indirectement de l'institutionnel ? Ce qui démontrerait que nous faisons partie d'un système à deux vitesses voire trois. La loi, le système local dit loi PEI, et celui du Pirate, inéquitable et inégalitaire de fait.
Je mets en doute l'intégrité de la conscience professionnelle de ces responsables et formateurs et la vigilance des pouvoirs publics concernant ces comportements déviants, délictueux et manipulations diverses (aides, fraudes et consorts).
Sachant que durant ce confinement, la continuité minimisée d'exploitation a pu se réaliser par la mise en place de dispositif F.O.A.D (Formation Ouverture et A Distance), qui certes louable est une bonne initiative pour palier à la situation mais ne pouvant pas être réalisée par tous.
Selon les moyens de chacun ainsi que les contraintes, des actions respectives pour ce qui nécessite de la pratique, difficile dans ce cas de les réaliser, vous en conviendrez trop espacées et inefficaces, voire inconcevables.
A savoir maintenant si ce dispositif a été productif et de qualité. Précipitation pour certains dans la réaction nous dira-t-on. Adaptation pour la continuité pour assurer en fait la rentabilité et minimiser des pertes.
Rappel du texte de loi 2018-771 du 05.09.2018 Section II, Qualité des actions de formation professionnelle.
1-Concernant les dispositifs F.O.A.D mis en place : les formateurs étaient-ils suffisamment expérimentés ou en cours d’autoformation pour certains et nombres d'entre eux compte tenu de l'urgence !!!
2-Mais alors comment ces organismes peuvent prétendre à ces aides et prêts si ces activités perdurent ?
3-Ces autorités ce sont-elles informées et ont-elles surveillé ces pratiques, le feront-elles ensuite ou par suite de ce billet ?
Montrer l'exemple et non un poids deux mesures.
Surtout que cette reprise, ayant été faite sans autorisation connue à ce jour, ni organisation particulière, par exemple celle des écoles pour anticiper le 11 mai, ni de mesures particulières et consignes COVID-19, donc par conséquent susceptible d'aggraver le nombre potentiel de cas, d'amplifier l'épidémie.
Ces gens ont-ils pris conscience de la gravité de leurs actes et omissions?
C'est par conséquent inexcusable et intolérable tant de ces "établissements et de leurs complices" qui devront s'en justifier que de leurs soutiens et financeurs chez qui ces pratiques laisseront des traces indélébiles sur leurs images et leurs réputations. Tout cela pour la politique du chiffre.
Je demande officiellement aux autorités de faire appliquer à ces établissements dès lundi, les fermetures au public et la prise de mesures nécessaires à l'encontre de ces contrevenants !!!
Je reviens surtout en finalité à la situation de présence des apprenants en entreprise et de leur couverture d'assurance et de protection de leur santé physique et mentale. Je relève donc dans ce cas si des choses sont évoquées dans les conventions et polices d'assurances des différentes parties et acteurs signées ou avenants survenus du fait de l'épidémie.
J'espère que cela fera bouger tout le monde, une prise de conscience collective que ce n'est pas un jeu, que des vies sont en jeu et que certes les fin de mois sont difficiles pour les entreprises et pour tout le monde mais ça ne vaut pas la vie des gens.
Je me rappelle les propos de certains qui se disaient hypocondriaques dans les débuts et qui font partie de ces complices de ce jour, preuve que ce confinement fait ressortir les vraies personnalités de certaines personnes.
Ce confinement nous permet aussi de nous remettre en question pour l'après et surtout de mieux s'entourer pour tendre vers l'amélioration et être meilleur soi-même.
Plus de solidarité bien que je reste utopiste sur ce point, l'espoir fait vivre.
GRIERE Philippe


