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Iran, détroit d’Ormuz, câbles sous-marins : faut-il craindre une coupure Internet à La Réunion ?

Ecrit par L-H.T – le lundi 25 mai 2026 à 06H02
Capture d'écran X.

Alors que l’Iran menace de taxer les câbles sous-marins transitant par le détroit d’Ormuz, la question inquiète jusque dans l’océan Indien. À La Réunion pourtant, les professionnels du numérique se veulent rassurants. Mais derrière cette absence de menace immédiate, l’épisode révèle la fragilité géopolitique des territoires insulaires.

Au départ, il y avait cette petite phrase venue du Moyen-Orient. Une annonce qui aurait pu passer inaperçue dans le fracas géopolitique mondial. L’Iran envisagerait de taxer les câbles sous-marins traversant le détroit d’Ormuz, ce passage stratégique par lequel transite une immense partie des flux énergétiques et numériques mondiaux.

Une déclaration technique en apparence. Mais à l’heure où Internet repose presque entièrement sur des milliers de kilomètres de fibres optiques posées au fond des mers, la question a rapidement pris une autre dimension. Et si ces tensions finissaient par affecter des territoires éloignés comme La Réunion ?

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Dans les bureaux réunionnais du très haut débit, le sujet est pris au sérieux. Pas dans l’urgence immédiate, mais comme le symptôme d’une vulnérabilité plus large.

"Non, aujourd’hui, La Réunion n’est pas concernée directement, assure Normane Omarjee, président de La Réunion Connectée (anciennement THD). Les câbles reliant l’île passent principalement par Maurice et par des axes tournés vers l’Afrique australe et l’Inde, loin du détroit d’Ormuz. Il n’y a pas d’impact vis-à-vis de l’Iran."

Concrètement pas de risque de coupure Internet locale à court terme. Pas de menace immédiate sur les connexions réunionnaises. Le trafic numérique de l’île ne dépend pas directement de cette zone ultra-sensible du Golfe persique.

Sujets "sensibles"

Mais très vite, la conversation va au-delà de la simple question technique. Car derrière les câbles sous-marins se cache un sujet beaucoup plus vaste. Peut-être encore plus problématique. Celui de la dépendance insulaire.

"L’océan Indien, le maritime et le numérique sont des sujets extrêmement sensibles dans un contexte de conflit mondial, explique encore Normane Omarjee. Quand on vit sur un territoire insulaire, chaque tension géopolitique mondiale finit par avoir des conséquences directes."

À La Réunion, cette dépendance ne concerne pas uniquement Internet.

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Le moindre choc international peut rapidement se répercuter sur la vie quotidienne. Et on le voit au quotidien. Hausse du prix du kérosène, augmentation du coût des billets d’avion, tensions sur les routes maritimes, ralentissement des conteneurs, inflation importée. L’île vit au rythme de flux qu’elle ne maîtrise pas totalement.

"Quand le prix du pétrole augmente, ici l’impact est immédiat, souligne-t-il. Pour aller de Paris à Lyon, on peut prendre le train. Nous, non."

Depuis la crise du Covid, cette fragilité logistique est devenue beaucoup plus visible. Les Réunionnais ont découvert à quel point une perturbation mondiale pouvait désorganiser l’approvisionnement d’une île située à plus de 9.000 kilomètres de l’Hexagone.

Infrastructures stratégiques majeures

"Les conteneurs étaient plus compliqués à faire venir, les rotations coûtaient plus cher, rappelle le président de La Réunion connectée. Cette situation d’enclavement nous contraint."

Et dans cette immense mécanique mondiale, les câbles sous-marins apparaissent désormais comme des infrastructures stratégiques majeures.

Invisible pour le grand public, ce réseau de fibres optiques transporte pourtant la quasi-totalité des communications numériques mondiales. A savoir internet, les données bancaires, les échanges gouvernementaux, les cloud, les vidéos, les appels internationaux. Une coupure importante pourrait paralyser des économies entières.

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Dans l’océan Indien, ces enjeux prennent une dimension particulière. La Réunion dépend d’un maillage de connexions passant notamment par Maurice, Madagascar, l’Afrique du Sud ou encore l’Inde. Une architecture complexe où la souveraineté numérique devient un sujet politique autant que technologique.

"On est face à une forme de vulnérabilité naturelle, reconnaît Normane Omarjee. Et cette vulnérabilité est renforcée dans la période géopolitique actuelle."

Diplomatie

Le sujet dépasse donc largement La Réunion seule. Si l’Iran venait un jour à aller plus loin que de simples taxes - en perturbant ou en contrôlant davantage certaines infrastructures stratégiques - les conséquences relèveraient alors du champ diplomatique international.

"Là, on serait sur un sujet d’État, estime-t-il. Ce serait une question de relations internationales, de Commission européenne, d’affaires étrangères."

Pour l’instant, cependant, La Réunion reste à distance de cette ligne de fracture numérique mondiale. Aucun impact direct n’est identifié sur les câbles alimentant l’île.

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