Hiruma ou l'exemple concret des conséquences d'une collision avec un bateau sur les tortues marines

A travers l'histoire d'une tortue verte prise en charge par Kélonia il y a quatre ans et aperçue depuis régulièrement au large de La Réunion, le directeur du musée saint-leusien consacré à ces reptiles, Stéphane Ciccione, décrit les complications qui surviennent chez les rares tortues rescapées d'une collision avec des bateaux.
Les conséquences sur une tortue après une collision avec un bateau rapide ne sont pas qu'immédiates. Parfois plusieurs années après le choc avec un bateau naviguant à trop vive allure, les rares tortues qui en réchappent gardent des séquelles que nous explique le directeur de Kélonia Stéphane Ciccione.
Ces collisions, qui sont la première cause de mortalité pour les tortues à La Réunion, ont aussi des conséquences à long terme sur les rares tortues qui survivent. La jeune tortue verte baptisée Hiruma a été signalée la première fois en janvier 2021 avec la carapace fracturée (photo ci-dessus).
Elle a ensuite été revue en février de la même année par un plongeur. les photos montrent des lésions importantes sur la carapace, mais aussi des marques sur la tête (photo ci-après).

Elle a depuis plutôt bien cicatrisée, même si une déformation de sa carapace subsiste (photo ci-après).

Elle n'avait plus l'usage de ses nageoires arrières depuis ses premiers signalements. En effet, en raison de la fracture de sa colonne vertébrale, la tortue a perdu la mobilité de ses nageoires postérieures, qui sont paralysées. Lors de sa dernière signalisation, la tortue présente un trou en bas de carapace (photo ci-après).

Lésion qu'elle n'avait pas (photo ci-après) en janvier 2025.

Ce type de lésion est provoqué par des morsures de poissons et ne doivent normalement pas se développer si la tortue réagit à ces morsures. Le développement de cette lésion montre qu'en plus d'avoir perdu la mobilité de son train arrière, la tortue a perdu aussi sa sensibilité et ne réagit pas aux morsures qu'elle ne sent plus.
Dans ces conditions, cette lésion peut empirer tant que la tortue ne sent rien et devenir létale. "Nous allons donc surveiller cette tortue avec l'aide des plongeurs et apnéistes. Et rappelons que la vitesse excessive en mer près des côtes est la cause de ces collisions", indique Stéphane Ciccione.


