Haro sur les vendeurs de pétards : Bravo le préfet ! Bravo les grandes surfaces ! Je vous dis merde !!!

Avant de m'énerver, je vais rectifier une petite erreur. Aux infos TV, un brave homme disait qu'il achetait ses pétards et fusées auprès des vendeurs de rues pour suivre la tradition. Faux !
La tradition, c'étaient les boutiques Chinois ! Ce sont nos amis les Chinois, du temps où ils tenaient encore commerce, qui nous fournissaient en pétards, fusées, feux d'artifices et cadeaux. Puisque les boutiques spécialisées n'existaient pas.
L'actuel préfet, qui ne comprend décidément rien aux Créoles, a décidé que désormais les grandes surfaces seules vendraient les pétards.
Déjà que ces mêmes grandes surfaces ont provoqué la mort de nos petits commerces de proximité. Comme si elles avaient besoin de ça pour nous pomper notre pognon...
A la fin des années 60, le préfet Dieffenbacher avait interdit les pétards sans autre forme de procès. Mais ce délicieux homme, soucieux de ne pas heurter les us et coutumes des différentes composantes de notre population, avait autorisé les Chinois à continuer d'importer les pétards pour célébrer leur Nouvel An selon la tradition.
Nos commerçants chinois, futés, ont importé bien plus que pour leur propre consommation et ont continué à vendre à qui en voulait. Les contrôles ? Il n'y avait pas assez de gendarmes ni de policiers pour ça dans les sixties. D'autant que gendarmes et policiers étaient aussi les clients et souvent les amis de nos amis.
Inutile de dire que l'arrêté préfectoral n'a jamais été prorogé... même quand de facétieux fêtards, mutins en diable, venaient faire péter leurs explosifs... devant la préfecture.
Il se murmure que M. Dieffenbacher en a bien ri, ce qui prouve que la haute administration n'est pas toujours coincée de la prostate. Mais ne l'ébruitons pas.
Les pétards ne seront pas moins dangereux vendus en grandes surfaces. Ces dangers ont toujours existé ; enrichir un peu plus ceux qui le sont déjà ne va pas créer un risque zéro.
Le seul résultat tangible est qu'une poignée de petits travailleurs va se retrouver sans boulot une fois de plus. Exactement comme, voici quelques années, pour d'obscures raisons qui n'étaient que des prétextes, on a interdit aux pêcheurs sous-marins de St Leu et Terre-Rouge de vendre leurs prises sur le bord de la route.
Dans tout ça, ce sont toujours les plus fragiles qui casquent.
Et tout le monde s'en fout !
Ben moi, quitte à susciter des grincements de dents, je continuerai de faire un bras d'honneur à ceux qui nous gouvernent et ceux qui nous appauvrissent. Pour tout dire, je leur dis "merde !" Et je suis poli. Vaya con dios.
Jules Bénard


