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Grève dans les cliniques du groupe Les Flamboyants

Ecrit par Prisca Bigot – le jeudi 13 mars 2025 à 14H45
Photo d'illustration

Avec le soutien de l'intersyndicale, les salariés des cliniques du groupe Les Flamboyants sont entrés en grève ce jeudi 13 mars. Ils dénoncent un turn over important au sein des services, une inégalité de traitement et un manque de valorisation salariale.

C'est au rythme du maloya que les salariés se font entendre devant l'entrée de la clinique les Flamboyants à Saint-Pierre. Une centaine d'employés du groupe réparti dans le sud, l'ouest et l'est sont entrés en grève. “Les salariés se mobilisent parce qu'ils sont très en colère. Nous demandons à ce que la convention collective soit appliquée à tous les salariés”, explique Rudolphe Dain, représentant de la section CFTC du groupe Les Flamboyants.

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Les revendications sont salariales, mais impliquent surtout la fin d'un système qui divise les salariés. Au sein du groupe Les Flamboyants qui compte 950 employés, les métiers supports, à savoir ceux liés à la logistique (cuisiniers, brancardiers, lingers...) ne bénéficient pas de la convention collective FHP (Fédération de l'hospitalisation privée). “Nous devons tous être reconnus et intégrés dans cette même convention collective, à l'instar des autres établissements du secteur hospitalier privé de La Réunion”, fait valoir Rudolphe Dain avec le soutien également des syndicats FO et CGTR.

Si les nécessaires activités des cliniques du groupe, spécialisé dans la prise en charge en santé mentale et en rééducation, ne font pas débat, Jean-Yves Hoarau s'interroge sur la réalité des réponses apportées par le groupe durant les négociations. “La direction nous répond qu'elle n'a pas d'argent. Ce n'est pas vrai”. Le secrétaire général de la CFTC en veut pour preuve les derniers bilans comptables publiés datant de 2021. “Ils montrent un excédent financier depuis 2017 de plus de 2 millions par an”. Le syndicaliste en appelle “au partage” avec une prime de la valeur ajoutée à hauteur de 1.000 euros par mois pour chaque salarié.

Pour le personnel soignant, la situation n'est pas beaucoup plus enviable, dénonce une infirmière. “La direction gonfle notre faible brut avec le Ségur et un indice correctionnel, une sorte de prime de la vie chère”. Elle estime ainsi que les écarts de salaire avec le public sont d'environ 500 euros de moins net par mois.

Mal-être des salariés

Outre les salaires, les grévistes déplorent “une souffrance au travail” liée à un important turn over. “Les personnes ne restent pas, il y a beaucoup d'arrêts maladie, de congés qui ne sont pas remplacés. Les services sont désorganisés et ceux qui restent font systématiquement deux fois plus”, décrit la situation une soignante. “La direction joue là-dessus. Elle nous fait comprendre que l'on est remplaçable à tout moment”.

Pour Soan, agent polyvalent, “nous sommes tous les jours sous pression, sans aucune reconnaissance”.

" Ils ont des acquis sociaux "

La direction a répondu au préavis de grève en réaffirmant dans un communiqué sa “ détermination à porter un dialogue constructif avec l’ensemble des parties prenantes, y compris les décideurs publics, pour préserver des conditions de travail vertueuses et garantir un service de qualité pour nos patients”. Elle indique par ailleurs que ce jeudi “comme chaque jour, la continuité des soins sera assurée”.

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Contactée, la direction assure ne pas pouvoir augmenter les charges pour ne pas mettre en péril le fonctionnement de ces établissements de santé. "Les conventions collectives sont appliquées en fonction des métiers de chacun", rappelle Aude D'Abbadie Savalli, directrice générale du groupe Les Flamboyants. Pour les salariés qui relèvent du code du travail, "il y a eu un grand nombre de négociations et d'accords. Ils ont des acquis sociaux qui datent de plus de 30 ans et qui ne se résument pas à une seule année", défend Aude D'Abbadie Savalli. "Les négociations annuelles obligatoires se sont cloturées en décembre 2024 avec un certain nombre d'avantages comme une prime semestrielle équivalente à un treizième mois. Nous ne sommes pas dans l'optique de rouvrir ces NAO", affirme la DG, "d'autant qu'on ne sait pas comment financer la baisse des financements nationaux". Pour ce qui est des conditions de travail, "nos ratios soignants/ patients sont deux fois supérieurs à ceux des autres établissements privés. Nous sommes ainsi à 0.78 pour la partie rééducation contre 0.49 en métropole et à 0.84 en psychiatrie alors que la moyenne et de 0.44 dans les établissements de métropole", avance-t-elle.

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