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Georges-Marie Lépinay: Non, mes camarades, non !

Ecrit par zinfos974 – le jeudi 10 décembre 2015 à 09H42
La position affichée ce mardi par les dirigeants du PCR pour le deuxième tour des élections régionales est affligeante. Pour moi, bien sûr. Pour nombre de personnes de gauche et du camp progressiste, souvent membres ou proches du PCR. Affligeante, elle l'est, d’abord et surtout pour le parti lui-même, celui que nous avons connu en des périodes bien plus difficiles. Affligeante, à tel point qu’elle conduit à s’interroger sur l’existence même du parti aujourd’hui.

Il y a quelques années, au lendemain des élections municipales et au tout début des premières déchirures à l’intérieur du parti venues sur la place publique, j’ai tenté, à la place qui était la mienne, et sans aucune prétention,  de plaider pour « ne pas se tromper d’adversaire, car c’est se tromper de voie et d’objectif » (1), puis à « se réconcilier d’abord pour pouvoir reconstruire ensuite et bien » (2). Témoignages qui pourtant appelait à « détak la langue » n’a publié aucun de ces deux articles. C’est son droit, au même titre que d’autres journaux Je ne saurais m’en plaindre et invoquer quelque censure que ce soit.

En revanche, je n’ai eu droit, en retour  qu’aux quolibets et au mépris de quelques « jeunes » cadres du partis devenus depuis « dirigeants », et peut-être, derrière eux, de moins jeune. Je n’en suis pas mort. « La vie tranchera » disait régulièrement un vieux camarade dirigeant du parti, lors des réunions du comité central,  du bureau politique. Elle a, je crois, tranché. Mais, il faut le dire, il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Alors, la vie tranchera encore. Tant qu’il y aura encore à trancher.

Lorsque mes camarades se sont séparés et entredéchirés, je n’ai choisi ni suivi personne. Je suis resté là où j’étais, me gardant de prendre parti. Mais gardant les relations que j’avais avec les uns et les autres, du moins ceux et celles qui le voulaient. Comme auparavant ou presque.

Et puis sont arrivées ces élections régionales. Il est d’usage de dire qu’au premier tour, on choisit et qu’au deuxième, on élimine. Alors, je le dis tranquillement, sans détours, sans état d’âme, je n’ai pas choisi. Peut-on choisir entre les membres de sa famille ? Non ! Eh bien, au premier tour,  je suis resté chez moi. Tranquillement. A attendre ce qui allait se passer et que je subodorais. Sur ce plan, je n’ai pas été déçu (façon de parler, s’entend). D’autres non plus, du moins je pense.

Mais aujourd’hui, après les résultats du premier tour, la donne a changé. La direction du parti, elle, a choisi d’éliminer, voire de diaboliser, la tête de la liste sortie première face au président sortant, lequel, du coup, s’en trouve renforcé. Et cela au nom d’un vieux contentieux que d'aucuns appellent une trahison, qui n’a jamais été établie clairement, ni démontrée. Encore que, dans ce domaine, les choses ne sont jamais aussi claires. Et puis, tout un chacun peut, à un moment ou à un autre, s’estimer trahi.

Mais là n’est plus la question. Mais bien de savoir quoi faire dimanche.
Alors, je dis à mes camarades de la direction du PCR que je n’appliquerai pas leur consigne de vote. Je n’ai pas voté le 6, peut-être serais-je resté à la maison ce dimanche, mais là, après leur déclaration, je dis non ! J’irai voter ce dimanche. Avec le seul bulletin qui peut contribuer à faire barrage au président sortant, celui de la liste conduite par Huguette Bello.

Et j’invite mes autres camarades, mes amis à en faire autant.
Il ne s’agit pas de se faire d’illusions, et encore moins de donner un chèque en blanc à qui que ce soit : nous l’avons fait aux présidentielles et on en voit aujourd’hui les résultats. Mais l’Elysée est à dix mille kilomètres, alors que le siège de la Région est là, sur notre pas de porte. C’est à nous-mêmes de nous bouger, et d’agir en conséquence. Et surtout pas de fié su bâton mon frère pou traverse la rivière.
 
Georges-Marie Lépinay
Saint-Paul

 

(1) Paru dans la presse en mai 2012 
(2) Paru dans la presse en juin 2012

 

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