Filière canne : la CGPER alerte sur une crise de trésorerie qui menace les aides aux planteurs

Le syndicat agricole CGPER tire la sonnette d’alarme sur les difficultés financières du CPCS et du CTICS. En cause, selon lui, les retards accumulés dans le traitement des dossiers de plantation, qui fragilisent l’ensemble de l’interprofession et pourraient compromettre le versement de certaines aides aux agriculteurs.
La situation financière de la filière canne continue de susciter des inquiétudes. Dans une tribune publiée ce vendredi, la CGPER appelle le Département à agir rapidement pour éviter une aggravation des difficultés de trésorerie rencontrées par deux structures clés de l’interprofession : le Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS) et le Centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre (CTICS).
Le syndicat évoque une situation devenue « critique ». Selon lui, les lignes bancaires de l’interprofession sont désormais saturées, empêchant de nouveaux décaissements. Le CPCS afficherait ainsi son niveau de trésorerie le plus faible jamais enregistré tandis que le CTICS présenterait un déficit de trésorerie proche de 2,3 millions d’euros. Une situation qui menace le fonctionnement des dispositifs d’accompagnement des agriculteurs et le paiement des aides à la plantation.
La CGPER salue néanmoins la récente intervention du Département, qui a accordé une nouvelle avance de trésorerie de 1,5 million d’euros après un premier soutien d’un million d’euros quelques mois plus tôt. Mais pour le syndicat, cette aide ne règle pas le problème de fond.
Les retards pris par la plateforme informatique Europac
Selon la CGPER, l’origine des difficultés réside principalement dans les retards pris par la plateforme informatique Europac, pilotée par le Département. Devenue pleinement opérationnelle seulement en mars 2026, celle-ci aurait entraîné l’accumulation de plus de 1 000 dossiers de plantation en attente depuis 2023. Les équipes du CTICS seraient en mesure de les traiter, mais resteraient dépendantes des notifications administratives nécessaires pour déclencher les remboursements de l’Agence de services et de paiement (ASP). À ce jour, seulement 80 000 euros auraient été récupérés alors que l’encours financé par l’interprofession aurait atteint près de 7 millions d’euros.
Pour le syndicat, cette situation crée un véritable « effet de ciseau » financier. D’une part, le CPCS devra rembourser dans un an les 2,5 millions d’euros avancés par le Département. D’autre part, plusieurs blocages administratifs persistent, notamment autour de la convention liant le CPCS et le CTICS, ce qui empêche encore la clôture des comptes 2025 du centre technique.
À l’approche de la mise en place de la nouvelle gouvernance du CPCS, la CGPER formule plusieurs demandes. Elle réclame un renforcement des effectifs départementaux chargés du traitement des dossiers, la prise en charge des coûts financiers générés par les retards administratifs et une adaptation du calendrier de remboursement des avances départementales au rythme réel des versements de l’ASP.
Le syndicat estime que les planteurs ont déjà consenti les investissements nécessaires pour renouveler leurs parcelles et appelle désormais l’État, le Département et l’ensemble des partenaires de la filière à garantir un accompagnement administratif et financier à la hauteur des enjeux.
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