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Fermeture de coco.gg : Un Tamponnais possédait plus de 4.000 fichiers pédopornographiques

Un homme de 41 ans a été jugé ce mercredi par le tribunal de Saint-Pierre en comparution immédiate pour la détention, la transmission et la mise à disposition d'images pédopornographiques. Il obtenait ces vidéos et communiquait avec d'autres prédateurs sur les sites coco.gg et Telegram. Il a été condamné à un an de prison qu'il effectuera à domicile.

Ecrit par Gaëtan Dumuids – le jeudi 27 juin 2024 à 11H59

Le 9 mars dernier, la gendarmerie du Tampon est contactée par un homme qui signale des faits graves. La veille, alors qu’il discutait avec un autre utilisateur du site coco.gg, ce dernier lui envoie deux vidéos d’inceste. Sur celles-ci, une fillette de 12 ans et un garçon de 4 ans sont victimes de viols de la part d’un homme et d’une femme. Ne s’attendant pas à cela et choqué, il contacte donc les forces de l’ordre.

Le 30 avril, les gendarmes interpellent Jérémy M à son domicile. Bien qu’il ait eu le temps d’effacer des vidéos et supprimer son compte Telegram, l’analyse de son ordinateur et de son téléphone ont permis de collecter 4015 fichiers vidéos. Si une partie concerne des pratiques zoophiles ou des viols commis sur des femmes majeures, la majorité sont des vidéos impliquant des enfants.

Les analyses de ses conversations WhatsApp vont permettre de voir qu’il était en contact avec d’autres pédophiles, à qui ils vendaient des stocks de vidéos. L’un d’eux habite même à une cinquantaine de mètres de chez lui. Il discutait avec des mineurs et un majeur qui lui proposait de lui présenter sa nièce de six ans. Mais Jérémy s’est dit non intéressé, car il recherchait des jeunes filles entre 13 et 17 ans. Hasard du calendrier, c’est au lendemain de la fermeture du site coco.gg que se déroulait le procès.

 

Une addiction sexuelle perturbante

 

Face aux magistrats, Jérémy explique qu’il a commencé à regarder ce type de vidéos il y a 2 ou 3 ans lorsqu’il est tombé « par hasard » sur un salon de discussion sur le site coco.gg. Il avoue être addict au porno depuis tout jeune et que « les vidéos normales ne m’excitaient plus. Peut-être que j’en avais trop vu ». Il explique être capable de passer des heures chaque jour devant du contenu pornographique. Le quadragénaire jure n’être jamais passé à l’acte et avoir honte, tout en affirmant supprimer les vidéos après sa pulsion.

L’expertise psychiatrique va diagnostiquer une paraphilie de type pédophile hétérosexuelle, avec une dangerosité avérée et un risque de récidive. Selon le MSD Manuals, « les paraphilies sont des fantasmes ou des comportements sexuels fréquents et intenses portant sur des objets inanimés, des enfants ou des adultes non consentants ou bien impliquant la souffrance ou l’humiliation de soi-même ou de son partenaire. »

« Ce sont des images assez insoutenables à voir. Je ne suis pas sûre qu’il ait conscience de ce qu’il fait. Il dit qu’il a su s’arrêter, mais il a toujours recommencé. L’expertise psychiatrique précise qu’on est dans une addiction sexuelle et des fantasmes qui peuvent aller jusqu’à la rencontre. Cela m’inquiète », indique la procureure qui requiert une peine d’un an de prison, cinq ans de suivi socio-judiciaire, une injonction de soin, l’interdiction d’exercer une activité avec des mineurs pendant cinq ans, la confiscation de son ordinateur et de son téléphone, ainsi que son inscription au Fijais, le fichier des délinquants sexuels.

« On est tous choqués, il n’y a aucun doute. Il sait qu’il a une addiction sexuelle et il veut se faire soigner. L’expertise psychiatrique dit qu’il est curable et réadaptable. Il ne fait pas de liens entre les enfants qu’il croise dans la vraie vie et ceux des vidéos. Il a besoin d’encadrement. Quand les autres détenus vont connaître les faits qui lui sont reprochés, ça va se compliquer pour lui. Je sollicite votre haute bienveillance », demande son avocate.

Finalement, les juges vont suivre les réquisitions du ministère public, tout en aménageant la peine ab initio, à son domicile. Une bienveillance que les parents d’élèves de l’école primaire de sa rue vont sûrement apprécier.

 

Faits divers et justice : Doit-on (ou pas) donner les noms des auteurs et des victimes ? On vous explique

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