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Éruption de La Fournaise : "On l’a vue venir, mais ça a été très rapide" explique la directrice de l’observatoire

Ecrit par S.G. – le vendredi 13 février 2026 à 17H29
L’éruption alors qu’elle débutait il y a une semaine exactement aujourd’hui. Depuis, un cône a commencé à se former (photo François Martel-Asselin)

Si l’éruption du Piton de la Fournaise a pu surprendre des randonneurs dans l’enclos, c’est qu’elle n’a mis que quelques minutes à se déclencher. "Ce qui est courant à proximité du sommet" explique Aline Peltier, directrice de l’observatoire volcanologique.

35 à 40 minutes. C’est le temps qui s’est écoulé entre la première crise sismique enregistrée ce vendredi 13 février par l’observatoire volcanologique du Piton de La Fournaise, à 9h25, et l’apparition des premières fissures aux alentours de 10h-10h05.

A ceux qui s’étonnent que l’enclos n’avait pu être évacué au préalable, donnant lieu à des scènes impressionnantes pour les randonneurs non avertis, la directrice de l’observatoire, Aline Peltier, explique que "ça a été très rapide."

Lire aussi : Les premières images de l’éruption du Piton de la Fournaise

Une "intrusion" la semaine dernière

"On l’a vue venir, mais il est vrai que lorsque l’éruption se situe proche du sommet, cela peut aller très vite entre les premières crises et l’apparition de fissures", précise la scientifique.

Dans les minutes qui ont suivi, la préfecture a déclenché l’alerte 2.1 ORSEC Volcan, interdisant l’accès de l’enclos au public et organisant les évacuations encore nécessaires. Les médias étaient destinataires de l’information à 10h28.

Le contexte était en tout cas propice à une éruption à brève échéance, rappelle Aline Peltier. "Depuis fin novembre on sait que le réservoir de magma se réalimente, on a déjà eu l’éruption du 18 janvier, et encore une intrusion il y a une semaine", retrace la directrice de l’OVPF.

Photo François Martel-Asselin

De la lave à la mer ? "Trop tôt pour le dire"

L’événement de ce matin, avec l’apparition de quatre fissures de plusieurs centaines de mètres de longueur, est intervenu entre le bord du cratère Dolomieu et 2100 m d’altitude, sur les flancs sud sud-est du Piton.

"Les coulées avaient atteint 1500m d’altitude à 13h, mais cet après-midi, l’activité ne se concentre plus que sur un seul point, le haut n’étant plus actif", précise la volcanologue.

Difficile de prévoir en revanche si l’éruption va durer dans le temps, ou si les coulées atteindront la mer comme certains le prédisent déjà. "C’est trop tôt pour le dire, il faudra voir si les coulées atteignent les grandes pentes", prévient Aline Peltier.

Ce qui est certain, c’est que "des quantités importantes de magma" sont disponibles et, en cas de nouvelle éruption de courte durée, d’autres événements pourraient intervenir à brève échéance.

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