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Éric Fruteau : « J’ai un bilan et un projet pour Saint-André »

Ecrit par P.M. – le dimanche 12 octobre 2025 à 11H18
Eric Fruteau lors de l'annonce de sa candidature.

L’ancien maire de Saint-André (2008-2014) et président de la Cirest, Éric Fruteau, a officialisé ce matin sa candidature aux élections municipales de 2026. Il dit vouloir redonner « un nouvel élan » à la commune et tacle le bilan de la majorité sortante.

Devant un parterre de militants réunis à la salle Le Palace à Ravine-Creuse, et entouré de certains de ses futurs colistiers, Éric Fruteau a annoncé officiellement sa candidature aux municipales. Celui qui avait dirigé la commune de 2008 à 2014 assure se présenter avec « un bilan et un projet pour Saint-André », porté par la liste Demain Saint-André.

Un “choix courageux” en 2020

Revenant sur son retrait au second tour des municipales de 2020, l’ancien maire évoque « un choix courageux, le choix du militantisme, dicté par la fidélité à nos valeurs et le refus de toute compromission ».

Arrivé alors en troisième position (3 107 voix, soit 17,09 %), Éric Fruteau rappelle avoir préféré « se retirer plutôt que faire gagner le clan Virapoullé que nous avons combattu dans une lutte idéologique pour l’égalité sociale ».

« J’ai été fidèle à mes convictions, comme en 2012 lorsque je me suis retiré sans conditions face à Jean-Claude Fruteau, alors que lui (Joé Bédier, NDLR) s’est maintenu en 2014 au second tour des municipales », souligne-t-il.

"C'est à lui de répondre"

Ferait-il le même choix si le scénario devait se répéter ?
« Nous serons positionnés et nous voulons gagner », répond d’abord le candidat.

Éric Fruteau compte bien devancer son ancien premier adjoint dès le premier tour et fait passer le message qu’il n’a pas oublié le positionnement du maire de Saint-André aux Départementales de 2021 dans le canton de Saint-André 2 (candidature de Primilla Cévamy et de Laurent Papaya, éliminés au 1er tour) : « qui nous avait fait perdre de 87 voix en se présentant face à nous, c’est à lui de répondre ».

Malgré l’absence de mandat, il revendique une continuité de son engagement : « Nous n’avons jamais quitté le terrain, nous avons alerté, informé et agi, notamment à travers notre journal Saint-André Ensemble. »

Une ville "qui grandit sans vision"

Le candidat dresse un constat sévère de la situation actuelle : « Saint-André est une ville jeune, dense, pleine de potentiel. Pourtant, 44 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, et dans certains quartiers, ce chiffre dépasse 60 %. »

Il dénonce une ville « qui grandit sans vision, sans projet, sans anticipation », pointant la hausse du chômage, la précarité des aînés et « l’isolement de la commune au sein de la Cirest ».

Sur les dossiers de l’eau, des déchets ou des transports, il juge que « Saint-André est absente, subit au lieu d’agir ».

“Une situation financière préoccupante”

Sur le plan budgétaire, l’ancien maire estime que la situation « s’est gravement dégradée ».

« L’Octroi de mer, qui rapporte 25 millions d’euros par an, est menacé. Les retards de paiement s’accumulent, et le préfet a dû placer la commune sous surveillance en 2024 », affirme-t-il, ajoutant que « la capacité d’investissement recule alors que les grands programmes signés avant 2020 arrivent à leur terme ».

Il critique également « le retard du PLU » et « le rejet du document par la Cirest », qu’il interprète comme « le signe d’un déficit de réflexion ou d’un climat belliqueux entre institutions ».

Un “nouveau souffle” pour Saint-André

Éric Fruteau appelle à « un nouveau départ » :
« Il faut un fonctionnement efficace et optimisé, à la hauteur d’une ambition partagée. Une grande ville comme la nôtre doit investir pour créer des emplois durables, renforcer la sécurité, soutenir l’éducation et rééquilibrer l’action municipale entre tous les quartiers. »

Il souhaite que Saint-André « retrouve sa place de locomotive dans l’Est » et « redevienne une force de proposition à la Cirest, capable de construire des ponts plutôt que des murs ».

« Quand Saint-André est forte, l’Est est fort », insiste-t-il, appelant à « coopérer avec les communes voisines » pour peser davantage dans les décisions régionales.

“Moi, j’ai un bilan”

Éric Fruteau rappelle enfin son bilan de maire, entre 2008 et 2014 :
« Nous avons assaini les finances, réduit la dette, investi sans augmenter les impôts ni les taxes d’eau, rénové les écoles, sécurisé les routes et soutenu la vie associative. Nous avons montré qu’un autre modèle était possible : rigoureux, humain et ambitieux. »

« Moi, j’ai un bilan et un projet pour l’avenir », déclare l’ancien maire, mettant en avant une volonté de « rassembler » et de « faire sortir Saint-André de son isolement », en resserrant les liens avec la Cirest et les autres communes de l’Est : « l’Est doit être uni ».

« Je reviens pour un projet, pas pour un fauteuil »

Celui qui se dit animé d’un « lien affectif fort avec les Saint-Andréens » assure ne pas briguer un retour par ambition personnelle :
« Je ne reviens pas pour un fauteuil. Je reviens pour reprendre le fil d’un projet interrompu, pour reconstruire une ville digne, solidaire et ambitieuse. »

S’il reviendra dans un second temps sur son programme, le candidat veut « rétablir l’égalité des chances à Saint-André, il n’est pas normal que le projet de Cité éducative ne soit devenu une réalité », mais aussi « lutter contre la grande pauvreté » et « rassurer les Saint-Andréens par une politique volontariste en matière de sécurité, mettant en avant les droits et les devoirs ».

L’ancien maire veut par ailleurs « redonner sens et dignité au travail des agents communaux ».

Une équipe renouvelée

Un rassemblement est prévu le 20 décembre pour présenter plus largement la liste Demain Saint-André, composée « d’une équipe motivée et renouvelée ». On retrouvera à ses côtés quelques-uns des fidèles de l’ancien maire : Line-Rose Anendin (sa binôme aux Départementales) et Robert Nativel (ex-conseiller départemental).

S’il s’est affiché à plusieurs reprises aux côtés de la plateforme de gauche menée par Éricka Bareigts, Éric Fruteau précise qu’il se présente « aujourd’hui au nom de Demain La Réunion, avec des Saint-Andréens uniquement. On verra par la suite, mais je ne fais pas partie de sa plateforme. »

Il chiffre à 150 le nombre d’adhérents à son parti, beaucoup plus en ajoutant les militants et sympathisants.

Quant à une éventuelle dissolution de l’Assemblée nationale, il écarte toute candidature législative :
« Ma priorité, c’est Saint-André. »

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