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Entre Paris et La Réunion, un transport de cocaïne "sous escorte" conduit en prison

Ecrit par S.G. – le samedi 14 mars 2026 à 18H55
Contrôles à l'aéroport Réunion Roland Garros.

Attrapés par la police à leur arrivée à Gillot le 28 janvier, une mule et son « escorte » convoyant 1 kg de cocaïne ont été condamnées à de l’emprisonnement ferme.

C’est un des maillons bien réels du narcotrafic, mais l’un de ceux dont les services d’enquête ont souvent du mal à prouver l’existence. Chargées de superviser le bon déroulement d’une opération de transport de stupéfiants, les « escortes » de mule font le même voyage que le transporteur de stupéfiants, s’assurant que tout se déroule sans encombre jusqu’à la livraison.

Et c’est un renseignement anonyme qui a permis aux policiers du STPJ d’interpeller l’un de ces surveillants et sa mule le 28 janvier dernier à Sainte-Marie. Alertés quelques jours plus tôt qu’un transport de stupéfiants entre Paris et La Réunion allait avoir lieu, les policiers suivent la trace d’un Dionysien de 24 ans s’étant fait payer un aller simple pour la métropole le 18 janvier.

1 kilo de cocaïne entre les jambes

Lorsqu’il revient dix jours plus tard, une surveillance policière est mise en place à l’aéroport Réunion-Roland Garros. Les enquêteurs peuvent voir alors leur objectif échanger quelques mots avec un autre voyageur âgé de 37 ans, puis les deux hommes se diriger à pied, « en quinconce à une dizaine de mètres l’un de l’autre ». Lorsqu’ils les contrôlent tous deux au rond-point de Gillot, le second est trouvé avec un paquet de 1,075 kg de cocaïne collé dans l’entrejambe. Valeur de la marchandise, pure à 85 % : entre 130 et 160.000 euros.

En garde à vue, et encore ce vendredi 13 mars à l’audience correctionnelle, la mule reconnaît s’être vue proposer un « travail » consistant à transporter un colis moyennant 5.000 euros, mais refuse de nommer ses commanditaires. L’homme affirme en revanche ne jamais avoir rencontré son « escorte » avant son arrivée à Gillot.

2 000 euros l'escorte

L’autre conteste être parti en voyage dans le but de convoyer des stupéfiants.« C’est le pote d’un ami qui m’a proposé de suivre ce gars pour 2000 euros. Comme je m’ennuyais en métropole, j’ai accepté », dit celui qui avait déjà séjourné dans le sud de la France quelques mois plus tôt. Un voyage au cours duquel des liasses de billets et des pains de résine de cannabis s’étaient retrouvés en photo dans son téléphone portable.

« Outre les mules qui arrivent de métropole, on voit de plus en plus de Réunionnais qui font le voyage pour aller chercher des stupéfiants, ce qui fait que l’île est arrosée de stupéfiants », observe la procureure à l’audience, qui ne croit pas aux versions des prévenus. « On voit qu’ils ont séjourné aux mêmes endroits en région parisienne, que leurs billets ont été achetés en même temps », pointe la magistrate qui requiert trois ans de prison pour chacun.

L'association de malfaiteurs écartée

« Mon client est un consommateur qui souffre d’addiction. Il a reconnu les faits mais ne veut pas en dire plus pour ne pas mettre sa famille en danger », plaide Me Juliana Duque-Azuero pour la mule.

Pour l’« escorte », Me Julien Barraco conteste l’infraction d’association de malfaiteurs reprochée. « Il n’y a pas d’ancrage dans le trafic de stupéfiants, il n’a jamais été condamné pour cela et aucun élément concret ne vient appuyer sa participation à un trafic », plaide l’avocat.

Après en avoir délibéré, le tribunal va décider de relaxer les prévenus pour l’association de malfaiteurs, mais les condamne pour le trafic de stupéfiants. La mule écope de trois ans de prison dont un avec sursis probatoire, le surveillant de 30 mois de prison dont 12 avec sursis probatoire. Ils sont maintenus en détention pour la partie ferme de leur peine.

Lire aussi : Arrêtés à Gillot, la mule et son surveillant présumé renvoyés à l’instruction

Etiquettes : Cocaïne | Police | Trafic de drogue

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