(Enfin) Du dialogue social pour les professions libérales

Des avocats aux dentistes en passant par les architectes, les notaires et les médecins : chaque citoyen a recours régulièrement à des professions libérales qui représentent près d’un tiers des entreprises à La Réunion. Les problématiques sont communes à ces professionnels de la santé, des chiffres, du droit : les structures sont trop petites pour avoir un comité social et économique, et elles souffrent toutes d’une pénurie de fonctions supports. Les Commissions Paritaires Régionales des Professions Libérales – CPR-PL ont pour mission de fédérer, de mutualiser et d’organiser ces professionnels libéraux. Lors de cette première réunion, mercredi 17 novembre, les représentants des syndicats salariés (CGT, FO, CFDT et CFTC) et les membres de l’UNAPL, principale organisation syndicale des professions libérales ont désigné leur Présidence et rédigé leur première lettre de mission.
La création des CPR-PL a fini par s’imposer à La Réunion pour répondre, entre autres, au défi d’instituer un dialogue social de qualité dans les TPE. À l’instar de ce qui avait été fait dans le secteur de l’artisanat à travers la constitution, dès 2001, des Commissions paritaires régionales interprofessionnelles de l'artisanat. C’est sous l’impulsion de l’UNAPL, syndicat désormais implanté à La Réunion que cette mise en œuvre est possible. « Il est primordial pour toute la profession libérale et donc pour tous les citoyens qui ont recours à ces professionnels, d’améliorer les conditions de travail, le dialogue social, de nos consœurs et confrères », explique Abdoullah Lala, qui vient d’être élu président des CPR-PL réunionnaises. Effectivement, les CPR-PL sont justement le lieu où se joue un vrai partenariat, une cogestion entre employeurs et salariés. Elles démontrent que l’on peut animer le dialogue social ailleurs que dans nos syndicats respectifs
Des actions socio-culturelles
Les organisations salariales, peu présentes dans le secteur libéral, peuvent avoir une certaine méconnaissance de nos professions et de leur fonctionnement. Le dialogue social ne bénéficie pas de l’expérience de ces organisations. Ces petites structures ne comptent pas de comité social et économique, et les salariés en sont donc ainsi pénalisés.
Dès lors, pour contrer cela, chaque commission pourra localement établir une feuille de route pour s’atteler à un chantier.
En premier lieu, il est important de se concentrer sur le développement des activités culturelles, sportives et sociales. Grâce à une mutualisation et un travail en commun, les salariés des professions libérales pourront mesurer rapidement les bénéfices : obtenir des chèques déjeuner, des cartes de rédaction, une attention pour les fêtes de fin d’année… la liste des actions potentielles à mettre en place pour ces CPR-PL est longue.
Évidemment, les CPR-PL auront à travailler sur d’autres thématiques qui pourront être source de crispations. Organisations patronales et salariales n’ont pas toujours la même définition, les mêmes approches de certains enjeux. D’où l’importance d’apprendre à se connaître et développer une culture commune propre aux CPR-PL. L’objectif final est de créer un dialogue social local pour que le monde libéral ne soit pas exclu du champ des possibilités qu’offrent les pouvoirs publics ou le droit du travail.
Autre priorité pour ces nouvelles commissions : encourager le recrutement et la formation des fonctions supports pour ces structures libérales. Des emplois de secrétariat médial, de comptables, d’assistance juridique sont en grandes tensions aujourd’hui. « Nous avons de vraies problématiques pour recruter et nous devons organiser la formation localement », continue le président nouvellement élu.


