En grève, les salariés des cliniques privées annoncent une opération escargot vers la préfecture

A l’issue d’une première journée de grève, l’intersyndicale CGTR – UR 974 – CFDT – FO a décidé de reconduire son mouvement ce mardi, avec en point d’orgue une opération escargot annoncée entre le Port et Saint-Denis. Les salariés réclament une prime de vie chère pour compenser leurs mauvaises conditions de travail.
Les syndicats le répètent à l’envi : les salariés sont moins bien payés dans le secteur des cliniques privées que dans celui du médico-social. Ce qui expliquerait selon eux un important turn-over dans les cliniques, qu’il s’agisse des postes de soignants ou de ceux en lien avec la logistique, la restauration ou le nettoyage.
Ce lundi 20 avril, une intersyndicale CGTR – UR 974 – CFDT – FO a planté son piquet de grève devant la clinique Sainte-Clotilde (Saint-Denis), en dénonçant les pressions exercées selon eux sur les salariés par le groupe Deleflie pour les dissuader de rejoindre le mouvement. L’Agence régionale de santé (ARS) de La Réunion avait communiqué dès vendredi dernier pour signifier qu’elle avait entrepris les mesures nécessaires afin d‘assurer la continuité des soins.
La CFDT grande absente de la grève
Après avoir manifesté devant la clinique de Sainte-Clotilde, les grévistes ont défilé en empruntant le boulevard Sud jusqu’aux locaux de l’ARS, où ils devaient être reçus par le directeur général Jean-Jacques Coiplet. L’absence surprenante de la CFDT dans le cortège des manifestants et au sein de l’intersyndicale a été abondamment commentée, le syndicat ayant pourtant par le passé pointé les conditions de travail dans la clinique des Orchidées au Port, et même participé au mouvement de grève ayant abouti en mars 2025 au gain du 13e mois dans les cliniques du groupe Runésens (ex-groupe Flamboyants), propriété de la famille d’Abbadie.
Lors d’un entretien d’environ une heure avec Jean-Jacques Coiplet, l’intersyndicale a exposé le contexte de la convention collective 33 qui régit la profession dans l’Hexagone. Mais ne semble-t-il pas à La Réunion, où elle serait, du reste, considérée comme moins-disante par rapport à la situation actuelle des salariés des cliniques privées.
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Les syndicats en grève ont donc plaidé auprès du DG de l’ARS en faveur de l’organisation d’une négociation avec les deux principaux groupes du secteur, en vue de l’instauration généralisée d’une prime de vie chère. Dans un communiqué envoyé aux médias, l’ARS fait savoir que « cette rencontre a permis d’entendre et de prendre en considération les inquiétudes exprimées par les organisations syndicales présentes notamment quant à l’impact du coût de la vie sur la situation des salariés » et ajoute avoir « rappelé son attachement à un dialogue social apaisé et encouragé la poursuite des échanges entre partenaires sociaux et employeurs. »
L'intersyndicale refuse la médiation proposée le 7 mai
A l’initiative de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), l’ARS propose d’organiser le 7 mai prochain une médiation « en présence de tous les partenaires sociaux concernés, des responsables des groupes privés de l’île et des représentants de l’Etat ». Une réponse qui a passablement agacé l’intersyndicale, qui considère que cette date lointaine a été choisie pour laisser le mouvement de colère retomber, et qui fulmine de voir la CFDT associée à la négociation après une mobilisation à laquelle elle n’a pas participé.
En conséquence, la poursuite de la grève a été votée avec un piquet de grève positionné devant la clinique des Orchidées au Port ce mardi matin, puis déplacé devant celle voisine des Orchidées. Une opération escargot vers la préfecture de Saint-Denis est annoncée dans l’après-midi.


