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Emmanuel Séraphin : "La sécheresse dans l'Est n'est pas due au basculement des eaux de l'Est vers l'Ouest"

Ecrit par Pierrot Dupuy – le mardi 21 janvier 2025 à 06H05

Emmanuel Séraphin, qui présentait hier ses vœux à la presse avec sa double casquette de maire de Saint-Paul et de président du Territoire Ouest (ex-TCO), a effectué devant les journalistes un tour d'horizon des investissements à venir dans l'Ouest. Il en a profité pour rectifier une rumeur qui circule actuellement selon laquelle la sécheresse que connait actuellement l'Est serait due au basculement des eaux d'Est en Ouest. "Faux", a tenu à préciser le maire, rappelant que cette eau était auparavant jetée à la mer. Et qu'il y a encore une énorme quantité d'eau qui est encore actuellement rejetée dans la mer à Sainte-Rose.

Emmanuel Séraphin a tenu à prendre de la hauteur pour le début de son intervention. Il a évoqué les tensions géopolitiques à l’échelle internationale qui remettent en cause selon lui les grands équilibres mondiaux. Et il a relevé, non sans ironie, que ses vœux se déroulaient le même jour que l’investiture de Donald Trump qu’il a analysée comme "le triomphe du capitalisme face à la démocratie". Il en veut pour preuve que, s’il n’était pas élu, Donald Trump avait annoncé qu’il contesterait les élections. Signe selon lui, que la démocratie peut à tout moment être remise en question.

Autre preuve : Donald Trump compte nommer Elon Musk à un poste à responsabilité auprès de lui, alors même que son réseau social n’exerce plus aucun contrôle sur les fake news qui y sont diffusées, et qu’il est de plus en plus évident que l’homme le plus riche du monde a trafiqué les algorithmes de son réseau social pour avantager l’extrême droite à des élections. En conséquence, la mairie de St-Paul a décidé de se retirer de X.

 

https://dai.ly/x9cq93s

 

 

Océan Indien, zone de paix

 

Après ce tour d’horizon planétaire, Emmanuel Séraphin est descendu au niveau régional, pour rappeler le slogan qui avait cours à la fin des années 70, "Océan Indien, zone de paix". Il a rappelé que l’avenir des îles Chagos était suspendu aux élections américaines et que notre région attirait de plus en plus de convoitises, que ce soit de la part des Chinois ou des Indiens.

D’où la nécessité selon lui de travailler avec l’ensemble des pays de l’océan Indien pour remettre ce slogan d’actualité au travers d’une renaissance du mouvement des progressistes, dans le cadre d’une coopération régionale accrue.

 

La crainte du "Big One"

 

Autre défi, le changement climatique, avec des effets de plus en plus présents dans notre vie quotidienne : sécheresse, cyclones, incendies incontrôlés, relèvement du niveau de la mer.

Face à ce danger, la mairie et le TO ont décidé d’appeler à la mobilisation citoyenne, de façon à inculquer la culture du risque à tous les citoyens.

Pour cela, la mairie a mis en place une réserve communale de sécurité civile. En cas de crise majeure, ces citoyens rejoindront les pompiers, les militaires, les employés communaux, pour amener plus de moyens, au cas où un « big one » viendrait à frapper nos côtes. L’exemple mahorais avec Chido est là pour nous rappeler que ça peut nous arriver à tout moment, d’autant qu’avec le réchauffement climatique, ce risque est de plus en plus important.

 

L'Ouest n'est pas responsable de la sécheresse dans l'Est

 

La question de l’accès à l’eau est aussi à la une de l’actualité, du fait de la sécheresse qui frappe notre ile.

Le maire de Saint-Paul a tenu à démentir les rumeurs qui circulent actuellement selon lesquelles les difficultés de l’eau dans l’Est proviendraient du basculement des eaux de l’Est vers l’Ouest. "Faux", a rétorqué Emmanuel Séraphin qui a rappelé que l’eau envoyée dans l’Ouest provient uniquement du surplus qui n’était pas utilisé et qui allait à la mer. Et de rappeler qu’aujourd’hui encore, 190 millions de m3 sont encore déversés dans l’océan à Ste Rose.

"L’ouest prend à peine 30% de ce prélèvement", a-t-il tenu à rappeler.

Selon lui, les difficultés actuelles proviendraient de décennies de retards d’investissement du fait des élus de l’est.

 

Une crainte d'Emmanuel Séraphin pour les finances des collectivités

 

Sur un plan plus politique, le maire de St-Paul a relevé que 2024 a amené beaucoup d’incertitudes du fait de la dissolution de l'Assemblée nationale, du résultat des élections législatives qui ont été marquées par l'impossibilité de dégager une majorité, et où le groupe arrivé en tête aux élections n’a pas été désigné à Matignon. La question est maintenant de savoir si le gouvernement Bayrou va réussir à faire voter un budget et dans quelle mesure ce dernier va impacter les finances des collectivités.

Le maire de St-Paul craint une baisse des dotations, ce qui entrainerait une baisse des investissements, avec les répercussions que l’on peut imaginer sur l’emploi.

 

La baisse du nombre de PEC va impacter les finances des mairies

 

Les premiers mauvais signes sont déjà survenus avec par exemple la décision du préfet de diminuer le nombre de PEC, ce qui remet en cause les équilibres financiers des collectivités. Pour St-Paul, il va falloir trouver 1,7 million supplémentaire pour pallier le désengagement de l’État.

Cette diminution des PEC impactera également les contrats d’apprentissage, ce qui pèsera sur les associations qui se retournent déjà vers les collectivités pour compenser le manque à gagner.

"Sur St-Paul, il y a possibilité de 900 contrats aidés, on en est à 650", a précisé le maire.

 

Après l'intercommunalité, l'intracommunalité

 

St-Paul, qui compte 107.101 habitants, sur un territoire grand comme 1,5 fois celui de Paris intramuros, a connu ces dernières années un niveau d’investissements jamais atteint auparavant.

Vu l’étendue de la commune, celle-ci a été divisée en sept bassins de vie (centre-ville, Guillaume, Saint-Gilles, la Saline, Plateau Caillou, la Plaine Bois de Nèfles, Mafate), dans le but de faire de chacun d’eux une véritable petite ville avec ses bassins d’activité, ses services publics, ses zones de loisirs et ses logements. Ce que le maire appelle "l'intracommunalité". Pour 2024, ce sont 57 millions qui seront investis, en prenant soin de les répartir équitablement sur l’ensemble du territoire.

 

Des téléphériques dans l'Ouest ?

 

Au titre des projets à retenir, un ou plusieurs téléphériques sont envisagés et une étude de faisabilité a été lancée pour identifier les axes prioritaires et en mesurer la potentielle rentabilité.

Le maire a également décidé de maintenir son interdiction d’installations de fast food sur le territoire de sa commune. Le prochain combat concerne la volonté de faire disparaitre la totalité des panneaux publicitaires 4x3. En 2024, la mairie a adopté un règlement local de la publicité. A terme, il n’y aura plus aucun panneau 4x3 sur le territoire de la commune, hormis dans la zone d'activité de Savannah.

Enfin, toujours dans sa volonté d’être à l’avant-garde en matière d’avantages sociaux, la mairie va bientôt expérimenter les congés menstruels. Les syndicats sont d’accord, constate le maire et la mesure devrait rapidement être appliquée.

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