EHPAD: Paulet Payet recadre Jean-Jacques Vlody et le Département

"Un député du Sud, proche de l'actuel gouvernement, depuis une semaine, par communiqués de presse interposés, se fait le fervent défenseur du projet d'EHPAD au Tampon. Il a, selon la presse, ainsi demandé à la ministre des Affaires Sociales et de la Santé de valider un projet de construction d'un EHPAD de 83 lits sur Le Tampon arguant que “La commune du Tampon ne compte actuellement qu'une maison de retraite de 25 places pour 74 174 habitants ❲et que❳ ce projet est donc fondamental pour la prise en charge de la population vieillissante.
C'est un soutien dont je ne peux que me réjouir, au nom de toutes les personnes âgées du Tampon et, au-delà, du Bassin Sud, mais dont je regrette qu'il vienne bien tardivement et, d'une certaine manière, après la bataille.
Le Schéma Départemental d’Organisation Sanitaire (SDOSM) 2007/2011 prévoyait, en effet, une inscription prioritaire de deux projets d’EHPAD (au Port, ville de 40 000 habitants et au Tampon, ville de 72 000 habitants).
La volonté politique du Conseil Général de La Réunion - dont ce parlementaire est vice-président - a été de favoriser l’EHPAD du Port pour une capacité de 80 places, alors que la population de cette commune est de moins de 40 000 habitants contre 72 000 au Tampon. Dans le même temps, le Département affectait 60 places supplémentaires à un promoteur du secteur privé positionné dans le Nord, à Saint Denis, pourtant déjà bien pourvu en structures médicalisées, sans que cela, là non plus, ne choque notre parlementaire.
Pourtant un avis favorable du Comité Régional de l’Organisation Sociale et Médico Sociale (CROSMS) de 2007 et l'arrêté conjoint État/Département n° 0703 du 20 mars 2008 faisant apparaître que "... le projet répond aux besoins de la population Réunionnaise et aux orientations inscrites dans le schéma départemental d'organisation sociale et médico-sociale, qu'il satisfait aux règles d'organisation et de fonctionnement", laissait croire à une réalisation prochaine du projet.
L'Agence Régionale de Santé (A.R.S.) Océan Indien a heureusement évité que la procédure d'autorisation ne devienne caduque en accordant une autorisation partielle de 10 lits.
A la suite de cette décision, j'ai conduit en octobre 2011, une délégation regroupant Jacqueline Farreyrol, députée et un représentant de la fondation Père Favron, promoteur du projet, pour présenter le projet et la situation spécifique du Tampon au Ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale. La rencontre avec le Conseiller chargé du handicap et de la politique de la dépendance, Grégoire Francois-Dainville a été l'occasion de relancer la dynamique de ce projet et de faire le constat que le Gouvernement était prêt à financer un tel projet, l'arbitrage des priorités relevant de l'ARS et du Département.
Il est donc faux de faire croire à une réticence gouvernementale sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Dès 2011, celui-ci était prêt à financer la construction d'un EHPAD au Tampon. C'est le choix opéré par le Département – et donc son Vice Président – qui a pénalisé le Tampon.
Une position qui n'a pas changé si j'en crois la presse et qui se traduit par l'affirmation qu'il n'y aura pas de nouvelles autorisations tant que les projets du Port, de Saint Pierre et de Saint Denis ne seront pas achevés. Une détermination qui signe le total désaveu de la part du Département des propos tenus par son vice-président quant à l'EHPAD du Tampon.
Si déjà l'intention formulée suscite un tel désaveu de son porteur au niveau local - tout en me réjouissant de cette implication nouvelle - je m'interroge sur sa capacité à mobiliser.
Avant d'attaquer le niveau national, le premier gage d'implication et de crédibilité serait d'arriver à convaincre le Département de changer sa position et de définir ce projet comme prioritaire. J'ai, en ce qui me concerne, déjà pris des contacts en ce sens auprès du Département.
Ce sera déjà un immense progrès vers la création de ce lieu où tamponnais, tamponnaises, sudistes pourront trouver un accueil au moment où la dépendance les conduira à solliciter la solidarité nationale.
Je suis confiant. Là où il y a de la volonté, il y a un chemin !"


