Du champ à la boutique : le circuit « très court », c'est possible

En marge du marché SIApéi, la mairie et le Département ont présenté un nouveau laboratoire de transformation végétale qui permettra aux agriculteurs de la commune de transformer leurs produits, puis de les vendre directement dans un futur magasin de producteurs situé à un pas et qui sera géré par ces derniers.
Ouverture prévue en fin d’année. En matière de circuit de production et de distribution, difficile de faire plus court. Si tout va bien, c’est en fin d’année que les consommateurs pourront faire le plein de produits frais et de saison, transformés ou non, et vendus directement par les producteurs eux-mêmes.
Première étape : la présentation en marge du marché SIApéi d’un nouveau laboratoire de transformation de fruits et légumes, situé à l’arrière de l’ancienne boutique Dédé. Financé à hauteur de 25.000 euros par la ville et de 100.000 euros par le Département dans le cadre du PST (plan de solidarité territoriale), ce dernier va permettre aux agriculteurs du territoire de transformer leur production et ainsi de se diversifier. Un « choix politique », met en avant le maire, Jeannick Atchapa : « L’idée, c’est de donner un outil supplémentaire à nos agriculteurs pour qu’ils puissent tendre vers la diversification, générer du circuit court et atteindre autant que possible la souveraineté alimentaire ».
Chips, frites de fruits à pain, salades sous vide…
Ensemble, on est plus fort : « Individuellement, pour un agriculteur, construire un atelier de 125 000 euros, c’est hors de portée », témoigne Laurent Tamon, membre de l’association et par ailleurs secrétaire des Jeunes agriculteurs. « Un tel outil, ça nous apporte un plus, de valoriser nos produits d’exploitation », poursuit-il.
Contre une légère contribution, les producteurs pourront confectionner une large variété de produits : confitures, chips, frites de fruits à pain, légumes prêts à cuisiner, safran transformé, surgélation, et même des salades sous vide. Des légumes bruts et de saison seront également vendus en frais, « mais dans le cas d’une salade, on aura aussi la possibilité de la proposer sous vide et prête à consommer », précise une autre agricultrice, Juliette Masson. Un plus quand on connaît la durée de vie limitée d’une salade fraîche.
« Les agriculteurs vont pouvoir se diversifier et transformer leurs produits, les invendus notamment, ce qui va permettre de réduire le gaspillage alimentaire et de nourrir sainement la population à un prix juste », ambitionne Cécile Hoareau de Fondaumière, ingénieure agroalimentaire et chargée de mission sur le développement du territoire à la mairie.
Le « bien mangé » Réunionnais
Une extension du laboratoire à la transformation carnée est programmée dans un second temps. Les produits, frais et transformés, seront vendus directement dans l’ancienne boutique Dédé, réhabilitée par la commune. C’est l’association des agriculteurs qui gérera directement les lieux, mis à disposition, ce qui devrait permettre de proposer des prix au plus bas.
La mise en avant du « bien mangé Réunionnais », intervient le 1er vice-président du Département en charge des affaires agricoles, Serge Hoareau. Il rappelle qu’un laboratoire du même type avait été financé dans le Sud par la collectivité au bénéfice de la Chambre d’agriculture et en lien avec la banque alimentaire. Auparavant, les agriculteurs panonnais devaient aller jusqu’à Trois-Bassins pour bénéficier d’un tel laboratoire public. Si celui de Bras-Panon leur sera d’abord réservé, une ouverture à d’autres producteurs, selon les besoins, est à l’étude.

Une application pour mettre en relation
L’ouverture est espérée pour la fin d’année. Prochaine étape : des formations en hygiène alimentaire qui vont être délivrées aux producteurs. En parallèle, c’est une application numérique qui est en cours de lancement sur la ville et permettra également de mettre en relation directe les Panonnais et les agriculteurs « pour écouler plus rapidement la production au meilleur prix ».
Le développement de la filière fruit à pain va aussi passer un palier avec la réception, à partir de juillet, de 2 500 vitro-plants offerts par la chambre d’agriculture de Polynésie française. Ils seront plantés à la pépinière de l’ARDIE, installée à Bengali. Il faudra ensuite compter deux à trois ans pour qu’ils poussent. Un délai bien plus rapide que pour les essences locales.


