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Disparition d'Hubert Gerbeau, un spécialiste de l'histoire de l'esclavage à La Réunion

L'historien Hubert Gerbeau, qui se battait depuis plus d'un an contre la maladie, s'est éteint le 3 avril à Marseille à l’âge de 84 ans.
Ecrit par zinfos974 – le dimanche 4 avril 2021 à 22H16

Peu connu du grand public, Hubert Gerbeau était un historien spécialiste de l'esclavage de renommée internationale.

C'est au Soudan, aujourd'hui le Mali, alors qu'il effectuait ses premiers travaux de recherches, qu'Hubert Gerbeau a découvert l'horreur du système de l'esclavage. Car ce système dont il est de bon ton dans certaines sphères d'affirmer qu'il est l'oeuvre des Européens, a en réalité mis en place par les Arabes, avec la complicité des Africains. Il a perduré jusqu’en 1957 au Soudan, alors colonie française, sans que grand monde n’y trouve à redire.
 
Rentré en France, Hubert Gerbeau qui aspirait à devenir journaliste, choisit d'être historien et se consacra à l'étude de l'esclavage. Sa carrière était lancée. D'abord comme professeur d'histoire en Guyane puis en Martinique, avant de se retrouver assistant d'histoire à la Faculté d'Aix, d'où il est nommé à La Réunion en 1968.
 
Hubert Gerbeau exerce alors 12 ans au Centre universitaire qui se trouvait alors avenue de la Victoire, en face de la cathédrale, où il monte le département d'Histoire et lance, avec méthode, rigueur et objectivité, les premiers programmes de recherche sur l'esclavage à La Réunion.
 
Enseignant au Centre Universitaire, Hubert Gerbeau occupe également de nombreuses responsabilités pour développer la recherche à La Réunion et dans l'océan indien.
 
On doit également à Hubert Gerbeau d'avoir formé de nombreux étudiants, réunionnais comme mauriciens, à l'Histoire et à la recherche historique.
 
Pour La Réunion, Sudel Fuma et Prosper Eve ont été parmi ses étudiants, puis ensuite ses collègues. Ses travaux, par leur rigueur et leur qualité, vont faire d'Hubert Gerbeau un des plus grands spécialistes français de l'histoire de l’esclavage, notamment dans notre ile et dans l'océan Indien.
 
Malgré ses importantes responsabilités comme universitaire, Hubert Gerbeau a dégagé du temps, pendant ses années réunionnaises, pour s'adonner à sa passion manquée, le journalisme. C'est ainsi qu'il a collaboré à plusieurs titres de chez nous, dont l'hebdomadaire Le Progrès, dirigé par Paul Hoarau, et la Revue fondée par Antoine Minatchy, Les Cahiers de La Réunion et de l'océan Indien. Rentré en France en 1980, Hubert Gerbeau a continué à animer et à diriger un centre d'études spécialisées sur les sociétés de l'océan Indien.
 
Resté attaché à notre île, il était revenu plusieurs fois ces dernières années pour participer à des manifestations et faire partager les connaissances qu'il avait de notre histoire.
 
A sa retraite d'universitaire, Hubert Gerbeau s’est lancé, sous pseudonyme, dans l'écriture romanesque sur fond d'intrigues liées à l'esclavage. On ne se refait pas.
 

 

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