Des experts ? Mais experts en quoi ?

J’ai lu récemment que le théâtre Vollard s’était vu refuser l’agrément de la DAC O.I. pour son projet d’opéra « Fridom ». Un comité d’ « experts » l’avait rejeté à la seule lecture du dossier de présentation.
Il n’avait même pas pris la peine de demander aux porteurs du projet de lui communiquer le texte et la musique. Ce comité d’ « experts » saurait-il seulement solfier une simple ligne de chant grégorien en clé d’ut 4e ligne ? La question mérite d’être posée.
Toujours est-il que le Blanc Genvrin et le Black Trulès ont été blackboulés. Parce que la DAC O.I. n’aime pas le Noir et Blanc ? Jean-Luc Trulès, qui est un musicien talentueux, a plus d’une corde à son… bobre. C’est sans doute ça le hic. Il risquerait de corrompre musicalement la jeunesse réunionnaise ! L’opéra, c’est pas de la musique créole, ça !
J’ai assisté à l’opéra « Maraïna » de ces deux compères à Saint-Paul et le théâtre de plein air sur le front de mer était plein à craquer. Un succès incontestable. Mais le syndrome de la fleur de canne continue à sévir à La Réunion. Ici, toutes les fleurs de canne doivent être à la même hauteur. S’il y en a une qui dépasse les autres…
Il faut pourtant absolument sortir le Créole de sa créolitude, l’ouvrir à d’autres horizons.
J’invite Marc Nouschi à se remémorer humblement l’époque où, comme beaucoup d’entre nous, il n’avait pas de mérites et où quelqu’un lui a laissé sa chance. Qu’il s’en souvienne maintenant.
Cela l’aidera sans doute à faire appel à un comité de vrais experts pour examiner avec attention et bienveillance le livret de « Fridom ».
On ne peut décemment pas se lamenter du manque de travail à La Réunion et condamner à boire la ciguë tous les artistes véritables qui veulent produire des œuvres de qualité.
Armand GUNET


