Dépôts sauvages : Quatre habitants condamnés, la justice ne rigole plus

Les dépôts sauvages font malheureusement partie du paysage réunionnais. La ville de Saint-André a pris les choses en main en cherchant qui était responsable de dépôts quasi quotidiens. Interpellés par la police, quatre d’entre eux ont été jugés par le tribunal de police ce vendredi pour des dépôts sauvages effectués entre les mois de mai et août. Une répression qui ne se voit pas souvent. Mais là, "il faut que ça cesse", déclare le juge qui a un message clair à faire passer.
L’un d’entre eux a été retrouvé grâce à des factures d’électricité retrouvées sur un dépôt sauvage. Il avoue avoir déposé une armoire, des chaises et un tas de ferraille six jours avant le jour de collecte prévu, mais affirme penser qu’il s’agissait d’un site prévu pour le dépôt d’encombrants.
Sauf que le juge estime qu’il ne s’agit pas d’encombrants mais plutôt d’un "tas de merde". Malgré les explications du prévenu, le juge n’est pas convaincu. "Est-ce que c’est du je m’enfoutisme ?" demande-t-il.
10.000 dépôts sauvages sur l’île
Me François Avril, avocat de la partie civile représentant la ville de Saint-André, rappelle que la déchetterie se trouve à quelques mètres de son domicile et ouvert du lundi au samedi. "Il y a plus de 10.000 dépôts sauvages à La Réunion. 36 déchetteries gratuites pour les non professionnels, déclare-t-il. Trois quarts des dépôts sauvages se trouvent à moins de cinq minutes d’une déchetterie. Notre île est en train de devenir une poubelle. Il faut une prise de conscience et que la justice y participe. Un projet de loi est d’ailleurs sur la table depuis le 8 octobre pour aggraver les sanctions".
Le Saint-Andréen a été condamné à une amende de 250 euros pour cette contravention de 3e classe, 650 euros de remboursement de frais d’enlèvement et 450 euros de frais d’avocat.
Autre punition pour une deuxième personne habitant Saint-André : 250 euros d’amende et le remboursement des frais d'enlèvement ont été prononcés à l'encontre d'une habitante dont le dépôt sauvage était de 2m3, lâché à quelques mètres de son domicile qui se trouve à deux kilomètres d’une déchetterie... "Na deux, trois trucs qui ne sont pas à moi", affirme-t-elle, émue. Le reste viendrait de ses enfants.
Des caméras placées sur les lieux de dépôts sauvages
Même excuse pour une troisième habitante. Sa fille de 10 ans aurait jeté ses anciens effets scolaires sur un tas d’ordures également à quelques mètres de chez elle, sans que sa mère ne s’en aperçoive. 150 euros d'amende et le remboursement des frais à la Ville.
Idem pour des tôles déposées sur la voie publique et laissées sur place pendant plus d’un mois avant de les emmener à la déchetterie. "Dangereux", selon le juge.
La mairie le rappelle : elle compte deux déchetteries et les opérations de collecte de déchets se déroulent régulièrement, suivant un calendrier précis toutes les semaines. Elle met également en garde : "Parmi la quarantaine de caméras de surveillance déployées sur la ville, certaines seront placées aux endroits pollués par les dépôts sauvages. Les brigades vertes de la Cirest, actuellement en formation, seront opérationnelles début 2019".
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A la fin de l'audience, un contrevenant a accepté de donner sa version des faits :


