Décrochage scolaire : les Missions Locales dénoncent une inégalité de traitement à La Réunion

À la veille de la visite d’Élisabeth Borne à La Réunion, les Missions Locales regrettent de ne pas être reçues par la ministre. Jacques Lowinsky alerte sur l’arrêt du dispositif « promo 16‑18 » dans l’île, malgré son efficacité, et appelle à une réaction immédiate de l’État.
Ce mardi 19 août, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, est attendue à La Réunion. Mais déjà, la déception est vive du côté des Missions Locales de l’île. L’Association Régionale des Missions Locales de l’Océan Indien n’a pas obtenu d’audience auprès du cabinet ministériel, malgré une demande formelle. Seul un conseiller a proposé un échange, justifiant l’absence de rendez-vous par un agenda « très contraint ».
Un refus qui passe mal. « L’absence de réponse du ministère à l’urgence de la lutte contre le décrochage scolaire à La Réunion : une inégalité qu’il faut dénoncer », déclare Jacques Lowinsky, président délégué de la Mission Locale Nord et président de la commission Ultramarine de l’Union Nationale Missions Locales.
Le cœur du malaise : l’arrêt du dispositif « promo 16‑18 » à La Réunion. Lancé pour accompagner les jeunes décrocheurs de 16 à 18 ans, ce programme national a pourtant été reconduit en métropole, mais pas dans les territoires ultramarins. Une décision que les acteurs locaux jugent injuste, d’autant plus que l’expérimentation avait montré son efficacité sur l’île.
« Les Missions Locales de La Réunion ont sollicité cette audience pour exposer les difficultés structurelles que nous dénonçons depuis longtemps. La lutte contre le décrochage scolaire est un enjeu de société, une urgence collective. Trop de jeunes quittent l’école sans maîtriser la lecture, l’écriture, les mathématiques ou les compétences de base. »
Les données sont édifiantes : à La Réunion, 3 100 mineurs étaient déjà hors du système scolaire en 2020, selon l’Insee, soit l’équivalent de trois lycées entiers. À 18 ans, seuls 70 % des jeunes poursuivent leurs études contre 83 % en métropole. À 20 ans, seuls 38 % des garçons réunionnais sont encore scolarisés. Et parmi les jeunes de 15 à 29 ans, 41 000 sont aujourd’hui sans emploi, ni en formation, ni en études (NEET), dont 40 % sans aucun diplôme.
Face à cette urgence, la Mission Locale Nord réclame trois mesures fortes : la reconduction immédiate du dispositif « promo 16‑18 » à La Réunion et dans les Outre-mer ; une rencontre, même restreinte, avec un conseiller de la ministre ; et le renforcement des actions de proximité entre Missions Locales, Région, Éducation nationale et partenaires.
« La jeunesse ultramarine mérite un traitement équitable. L’expérimentation fructueuse localement ne peut être exclue d’un dispositif national efficace. Il est urgent d’agir, collectivement et sans délai », conclut Jacques Lowinsky.


