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De l'inhumanité

Libre expression en DEMOCRATIE
Ecrit par zinfos974 – le dimanche 8 août 2010 à 22H54

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La Réunion accède enfin à l'Humanité après quelques millions d'années de lutte acharnée. Enfin! Les temps changent, mais pas trop quand même. L'abolition de l'esclavage peut aller se rhabiller face à cet événement historique, l'esclave Furcy aussi. Rendons grâce à l'Unesco de reconnaître que la Nature fait définitivement bien les choses, que La Réunion et ses habitants puissent accéder, enfin, au rang d'humanité, des fois que nous aurions eu des doutes. Tout cela bien sûr entre dans le champ des objectifs des technocrates et autres récipiendaires d'argent public, qui après avoir douloureusement obtenu logement de fonction, triple mandats, retraites chapeaux, voyages, primes et compagnies obtinrent pour les indigènes un label dit prestigieux au regard d'un système mondialisé, dont il devient de plus en plus difficile de cacher l'objectif: le profit. Pas de scrupule, la Nature est une source intarissable ou presque.

Excusez-nous d'avance, vraiment mille pardons, de ne pas être béat comme beaucoup devant ce classement. Permettez-nous, s'il vous plaît, de nous interroger, laissez-nous au moins cette illusion de démocratie, sur le fait de savoir comment un tel classement pourra résorber l'inaction orchestrée de nos élus depuis trop longtemps en matière économique, sociale, environnementale? Comme le dit si bien l'Unesco dans son rapport : "Le terrain accidenté assure un certain degré de protection naturelle contre l'empiétement... [Dame nature fait bien les choses, sans besoin aucun de nos élus en voie de Panthéonisation: Aux grands hommes, la population réunionnsaise reconnaissante]... mais les activités économiques anthropiques telles que l'agriculture, la sylviculture, la production d'énergie et le tourisme doivent être gérées tant à l'intérieur du bien que dans la zone tampon de manière à ne pas nuire à l'intégrité du bien".

Que veulent Daniel Gonthier et Jacqueline Farreyrol, pour remplir l'Objectif UMP 2010, année du tourisme? Des touristes en masse. Friqué lé encore meilleur et une population locale propre siouplait. Nous néna un standing à respecter maintenant, faut pas déconner. Que veut notre Sarkozy Péi-président de la Région ? Gerry! Cheville ouvrière: M. Tong Yette. Adjoint de M. Gonthier à Bras Panon, conseiller régional UMP en charge du projet Gerry (indépendance énergétique de La Réunion en 2020) soutenu par une cohorte de grandes entreprises et accessoirement administrateur du parc. Pure coïncidence ? évidement!! Conflits d'intérêts? Point du tout. Nous en voulons pour preuve d'ailleurs, que tous ces élus ont des têtes d'honnêtes gens. Eric Woerth aussi!! Et comme le dit si bien Nathalie Kosciusko-Morizet, les affaires, and so what ?

Au passage un vrai grand merci à l'ACSP, ainsi qu'aux milliers de signatures qui sont venus à bout de l'usine dans La Plaine des Sables, des feus Paul Vergés et Philippe Berne. Eux aussi des gens qui ont, le Bon dé sans confessions. Jacqueline Farrago en frémis encore au passage. Pour ceux qui ont la mémoire courte, nous les savons nombreux, projet géothermique autorisé à l'époque par le parc national, nouveau garant du bien, ceux là même qui se targuent, non sans pudeur, du classement aujourd'hui. Mais soyons indulgents. Girouette? Non, juste incongruité. C'est de mode à notre époque. Pendant ce temps là en revanche, la partie "activités économiques anthropiques telles que l'agriculture, la sylviculture", le parc y remédie comme il faut. Équation simple et déjà résolue : Calfatais+éleveurs = espèces exotiques envahissantes=éradication suivant les recommandations de l'Unesco. Deux poids deux mesures? Vraiment que des aigris, diront de nous les bien-pensants.

Mais tant que l'écologie restera une question subsidiaire qu'on traite par des "Grenelle" ou des classements patrimoine mondial, tout cela ne sera que diversion et amusement. L'écologie devrait être transversale, la préoccupation de tout être humain, car elle ne concerne rien de moins que notre survie ou notre disparition. Les politiques à la solde de la finance ne sont pas assez honnêtes pour considérer cette question comme absolument essentielle, ils préfèrent perfectionner ce qui sert la mort (comme les armes) que ce qui sert la vie. Servir le lucre et la puissance du lucre, et pour cela piller les mers (du thon rouge au pétrole de P), détruire les forêts (de l'Amérique du sud à l'Afrique) et les sols (vive l'orpaillage de Guyane, les diamants d'Afrique du Sud qui font de somptueux collier à notre nouvelle icône Nationale, obsédé des enveloppes, nous avons nommé Liliane B).

La planète est devenue le théâtre d'une pièce ambiguë qui repose sur la toute puissance de la quête du profit, la folle course à la consommation...Hier l'aphone couvert du sang de travailleurs chinois à aujourd'hui le patrimoine mondial de l'humanité, nouvelle valeur au AC 40. Le créole consomme, c'est presque inné chez lui. Si vous n'avez plus de ressources, vous n'existez pas. Mais pourquoi ne pas changez de paradigme? Au lieu de postuler que « la Terre appartient à l'humanité», nous devons prendre conscience que c'est « L'humanité qui appartient à la Terre ». L'être humain et la nature, donc le respect de la vie, doivent revenir au cœur de nos valeurs.

L'apocalypse est déjà sur la planète, nous sommes presque déjà du côté obscur. Le système invente des stratagèmes de tranquillisais généralisée. Les supermarchés sont pleins mais les gens ne veulent pas savoir que pour cela nous transportons de l'alimentation du Sud au Nord et de l'est à l'ouest, au détriment de notre capacité à la produire là où nous sommes. Fini le bréde, vive le hot-dog so Hype. Allons batte carré Carrefour, Jumbo score, vive la rentrée. Dans le Sud, il y a des gens qui n'ont pas assez pour se nourrir et qui cependant sont joyeux. Certains consomment la vie, d'autres comptent leurs milliards. Chacun ses valeurs.

Le modèle est en train de se déglinguer, une minorité se rend compte qu'on est dans la civilisation la plus fragile de toute l'histoire de l'humanité. Aujourd'hui vous supprimez le pétrole et l'électricité et tout le système s'effondre. C'est une société inintelligente qui s'est mise elle-même dans une sorte de traquenard dont on a du mal à sortir. Le pétrole sera sans doute l'enjeu d'une déflagration généralisée.

Mais même ces constats, pourtant devant vos yeux, sont juste balayés d'un revers de main. Propagande faschisto-trotskistes, comme on se plait à le dire à l'UMP péi du parc national. C'est tellement plus simple aussi de nous traiter de malade. Mais qui sont vraiment les malades? Ceux qui refusent de voir la réalité, tels que les commentateurs dit avisés (presse, expert et population aux ordres ? Ceux qui faussent la réalité, tels que nos élus made in Réunion, qui n'ont jamais rien fait que de se remplir les poches ? Où ceux qui alertent sur la réalité pour faire autre chose de nos vies qu'une course au profit, à la consommation, au détriment des autres? Un POP pour les gosses et ils n'y verront que du feu. 2000 bus et un label Unesco, emballée c'est pesé, créoles soient fiers, heureux et ferme ton guéule.

A TABLE!

Mode de cuisson traditionnel, la cuisson à l'étouffée. Mais encore faut-il respecter quelques règles simples. Il faut pour cela utiliser une cocotte avec un couvercle. Généralement une horde bien aux ordres fournira un récipient idéal, puisque fermé. Ici des médias criant famine, aux ordres d'une populace affamée de reconnaissance. Pour ce genre de plat, le chef n'oubliera pas de placer beaucoup d'eau, dans le fond de la cocote, ouvre Robinet là, accompagné d'un ti peu thym, l'ail, safran, zoignons, gingembre, ek brédes. Mon dié l'assassin, la mette safran dan bréde morongue. Le chef veillera personnellement à ce que la flamme de l'information soit la plus minuscule possible. Il faut que ça mijote doucement pour que la cuisson de l'opinion puisse se faire à feu très réduit, histoire de venir à bout d'un néocolonialisme-ultralibéral qui cache discrètement ses saveurs. La cuisson se fera ainsi à feu très doux, afin que la vapeur des mécontentements retombe et s'évapore. Comme de bien entendu le chef s'obligera à ne pas soulever le couvercle trop souvent pour vérifier la cuisson, afin d'éviter les jets, dit de « la di la fé » ou encore d'aigreurs. Hachez menu ceux qui émettent des réserves. Le chef écoutera ces oreilles (rapports d'expert et compagnie) pour vérifier que l'eau bout, « comme lé bon ». Du trois étoiles au guide Michelin. Haute gastronomie. Réservations assurées.

Manger, s'empiffrer, se goinfrer, comme manger cochon dan parc du même nom. Au bout d'un moment on se surprend à ne plus s'étonner, à ne plus dénombrer ces faits, ces actes où le profit est le principal condiment qui assaisonne notre actualité.
Puis on se ressert!

Alors on se dit:

Comment ne pas être au bord de l'ingestion face à la bataille des experts en « expertologie » sur c'est moi qui l'ai fait?
Comment ne pas être indisposé sur la durabilité des fins de non-recevoir de l'accès aux besoins les plus "élémentairement" humain des Mafatais, telle que l'eau potable mais aussi le droit de propriété ?
Devant la récupération des élus (surtout de ceux qui ont toujours été notoirement contre la création du parc national, président de région en tête) de la dignité des hommes et des femmes qui ont façonné La Réunion, comment ne pas finir par passer "kalou su le vente" po digéré?

Ils sont insatiables. Que croient-ils tous remplir ainsi ? Cet appétit ne parvient pas à masquer leur propre vide. Ils s'accrochent à la table, mais au grand banquet de la Nature et donc de la vie, ils n'auront, au final, nourri que le néant.

BON APPÉTIT...bien sûr.

Collectif des va-s'y.

 

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