De la pédagogie, tout simplement

La campagne des régionales est en voie d'achèvement, les listes de candidats sont connues, les programmes calés sur des énumérations d'objectifs, et dans la dernière ligne droite chaque camp ne vise plus qu'à montrer sa capacité de rassemblement de façon à impressionner adversaires et concurrents. Mais, vu les enjeux de pouvoir que ce temps électoral révèle dans les collectivités locales – à voir les remue-ménage lors de la constitution des listes dans les communes –, et étant donné qu'une décentralisation plus poussée est souhaitée à la Réunion, il est à craindre que le niveau de conscience citoyenne ne soit pas très élevé au regard des difficultés qui attendent la Réunion.
Parce qu'il y a eu un manque criant de débats contradictoires sur le fond des gros dossiers que la future assemblée régionale aura à traiter, il y a tout lieu de craindre une forte abstention. Mais le débat, et même pour le peu qu'il y a eu, ne doit pas s'arrêter à l'élection. Il appartient aux citoyens de le relancer pour accéder à un meilleur niveau de conscience collective et être en position de jeter un pont solide entre le passé et l'avenir. Il n'y a que les adversaires de la démocratie qui tournent le dos à une pédagogie de l'information.
Cette pédagogie à déployer ne vise pas à fixer la pensée des citoyens, mais à leur fournir à partir des confrontations suffisamment d'éléments pour qu'ils soient en mesure de se positionner sans tenir compte des postures de pures tactiques électorales. Et c'est à partir d'une meilleure inventivité qu'ils pourront mieux adopter tel ou tel projet. Ce premier niveau, qui est différent de l'engagement politique, est à travailler.
Des associations pour une pédagogie de l'information pourraient contribuer à faire jouer aux médias, et particulièrement aux télévisions, sans buzz, sans provocation et sans tenir compte de l'idéologie dominante du moment, un meilleur rôle dans la formation de l'opinion publique, en réduisant le filtrage des données dû à la structure économique des entreprises et en atténuant la dépendance des journalistes.
Exemples de confrontations où les acteurs devront faire preuve de responsabilité : Virapoullé sur le SAR qu'il compte régionaliser ; TAK sur l'administration de la région qui lui a refusé l'accès au PV des commissions ; Didier Robert sur le contournement des règles européennes dans l'utilisation du FEDER, alors que, par exemple, le projet de la NRL n'est pas complètement bouclé ; le Préfet sur l'école républicaine face au comportement d'un maire, etc. Et elles feront en sorte que le prochain pouvoir régional montre par une nouvelle gouvernance que l'information est un facteur essentiel dans la réussite d'un pays.
Aimé LEBON
Bois-de-Nèfles Saint-Paul


