Coups de couteau à la Bretagne : 4 ans de prison pour l'auteur

Cette situation perdure et le 13 mai dernier, c'était la fois de trop. Les deux hommes ont bu - la victime est par ailleurs testée à 2,54 g/l à l'hôpital - et se battent. La victime explique en audition avoir eu le dessus et s'être levée pour partir. Elle explique : "Je sens rapidement une douleur dans le dos, quelque chose qui me transperce et je tombe".
Au départ de l'enquête, pas facile pour les policiers d'avoir des informations car personne ne veut dénoncer l'auteur des coups de couteau, tout le monde se connait et personne ne parle. C'est finalement le père de la victime qui appelle la police vers 22h pour donner le nom de l'agresseur. Il est localisé quatre jours plus tard au camping de l'Ermitage.
"Il cherche tout le temps la bagarre, il est devenu violent d'un seul coup et m'a tapé en premier", explique le prévenu qui reconnaît l'usage du couteau mais seulement deux coups et de face. Il y a quatre plaies dont plusieurs profondes ayant touché le foie et la rate. Compte tenu de la gravité des faits, le parquet était parti sur des faits criminels avant de revenir sur des violences avec arme et de correctionnaliser l'affaire. Les jours de la victime ne sont pas en danger, son ITT est de 10 jours.
"Ils se battent à coups de poing et le prévenu sort un couteau"
"Les faits sont commis dans un contexte d'alcoolisation importante et de violences, mais il y a peu d'explications", tance le parquet. "Ils se battent à coups de poing et le prévenu sort un couteau. J'ai tendance à penser que la version de la victime est plus compatible car les coups sont portés dans le dos. De toute façon, ce geste est injustifié et disproportionné, il n'y a pas de légitime défense", souligne la procureure qui requiert 4 ans de prison dont 2 ans assortis du sursis probatoire ainsi que le maintien en détention. "Il faut raison garder pour ce jeune qui n'a jamais eu à faire à la justice et qui n'a pas de casier", répond la défense représentée par Me Catherine Moissonnier.
"Je m'attendais à un sursis probatoire total, d'autant que la victime n'a pas et ne veut pas déposer plainte. Ce dossier demande de la modération quant à la peine car rien ne prouve que sa version n'est pas bonne. Les coups portés sont dans les flancs et le rapport ne note aucun angle de pénétration. Fort heureusement la victime va bien et je tiens à porter à votre connaissance qu'elle a eu un accident de moto il y a 8 jours et que ça ne l'a pas empêchée de se battre et d'avoir le dessus. Mon client n'a pas raison mai sil n'en pouvait plus d'être provoqué. Il a droit à une chance", plaide la robe noire.
La pertinence des arguments de la défense a convaincu le tribunal qui condamne le prévenu à 4 ans de prison dont 3 ans assortis du sursis probatoire et décide d'un aménagement sous surveillance électronique pour les 12 mois ferme.
NB : Seuls le JIR, le Quotidien et Zinfos974 étaient présents. La déontologie journalistique impose aux médias qui n'auraient pas assisté à l'audience de citer leurs confrères. À bon entendeur...


