Coup de foudre à Dos d'Ane, coup dur au tribunal

Hyacinthe M., 38 ans, est connu de la justice pour des infractions routières. Ce jeune père de trois enfants, dont il peine à se souvenir des prénoms et échoue à donner au président de l'audience correctionnelle les noms de famille, est sous curatelle. Au mois de mai dernier, sa vie semble prendre un tournant positif lorsqu'il croise la route de Noémie* sur un chemin à Dos d'Ane. "J'ai eu le coup de foudre", confie-t-il aux magistrats qui le jugent ce lundi pour des violences conjugales.
"Cette femme a vécu un enfer à partir de fin juillet et jusqu'à très récemment", résume la représentante de la société. Assise dans la salle, Noémie n'en mène pas large. Elle est accompagnée de deux de ses enfants et de leur père "dont elle est séparée depuis le début de l'année et avec qui les relations sont saines", précise son avocate.
"Monsieur a surinvesti la relation"
La robe noire déroule l'histoire de cette récente union et explique que sa cliente a vite constaté que le nouveau conjoint avait un problème avec l'alcool. "Quand je prends de l'alcool, rien ne va plus", confirme l'intéressé. Noémie a tenté d'aider ce dernier à s'en sortir, sans y parvenir. "Monsieur a surinvesti la relation", ajoute son conseil, décrivant un comportement d'emprise.
Fin juillet dernier, Hyacinthe M. tente d'entrer chez Noémie, qui souhaite mettre un terme à leur relation. Alcoolisé à 1,66 g/l de sang, il jette des cailloux et des bouteilles de bière par les nacos. Le 30 août suivant, il commet des violences et menace la mère de famille de brûler sa maison, joignant le geste à la parole en allumant un briquet. Il y a trois jours, le mis en cause essaye encore de pénétrer dans le domicile de la victime et dégrade le compteur électrique au beau milieu de la nuit pour "l'obliger à sortir de chez elle". Noémie est prise par le cou et "cravatée", comme le décrit le président de l'audience. Sept jours d'ITT lui seront prescrits.
Malgré les efforts de l'avocate de la défense, qui plaide afin d'éviter la prison à son client, Hyacinthe M. est condamné à 10 mois de prison, dont 6 avec sursis probatoire, et un mandat de dépôt immédiat. Après ses quatre mois à Domenjod, le trentenaire a l'obligation de se soigner, de travailler et d'indemniser la victime, qu'il a interdiction de contacter.
*Prénom d'emprunt


