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Contrats PEC à La Réunion : pourquoi le gouvernement promet des "ajustements", mais refuse de reculer

Ecrit par L-H.T – le jeudi 21 mai 2026 à 07H38
Source : Assemblée nationale / Facebook. Photo d'illustration

Interpellé ce mercredi 20 mai à l’Assemblée nationale par le député Philippe Naillet, le gouvernement a reconnu les difficultés rencontrées à La Réunion autour des contrats aidés. Sans annoncer de retour en arrière, il promet toutefois un réexamen de la situation dès vendredi avec le préfet. Explications.

Quelques heures après la mobilisation de plusieurs centaines de personnes devant la préfecture de Saint-Denis, la crise des contrats PEC s’est invitée à l’Assemblée nationale. Face au député réunionnais Philippe Naillet, le gouvernement a tenté de calmer le jeu, tout en assumant le fond de sa politique.

Dans l’hémicycle, l’élu socialiste a relayé "l’inquiétude profonde et légitime" des élus et des associations réunionnaises, dénonçant une baisse des contrats aidés qui menace selon lui "le fonctionnement même des écoles".

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Philippe Naillet a notamment cité l’exemple de Saint-Denis, où le nombre de contrats PEC serait passé de 850 en 2024 à 589 aujourd’hui. "Cela signifie des tensions croissantes dans les cantines, dans l’entretien des écoles, dans l’accompagnement des enfants", alerte-t-il, rappelant que près de 17.000 élèves sont accueillis dans les écoles de la commune.

Mais la réponse du gouvernement était particulièrement attendue. Au nom de l’exécutif, le ministre de l’Emploi et des Solidarités Jean-Pierre Farandou a d’abord reconnu "les difficultés" rencontrées à La Réunion. Il a également confirmé avoir suivi la mobilisation organisée le matin même devant la préfecture.

"Plus de 500 personnes, parmi lesquelles beaucoup d’élus et de maires, se sont mobilisées", souligne le ministre.

Réaffectations budgétaires

Sans annoncer de rétablissement des enveloppes supprimées, Jean-Pierre Farandou affirme toutefois qu’un point sera organisé dès vendredi (22 mai, NDLR) entre son cabinet, celui de la ministre des Outre-mer et le préfet de La Réunion afin "d’ajuster la situation".

Le gouvernement ouvre aussi la porte à des réaffectations budgétaires locales via les fonds d’inclusion pour l’emploi. Une marge de manœuvre laissée au préfet, qui pourrait permettre de limiter une partie des coupes les plus immédiates.

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Mais derrière cette main tendue, le gouvernement assume aussi une remise en question du dispositif lui-même. Le ministre insiste sur "les déficiences" des contrats PEC, affirmant que "seulement 21% des bénéficiaires accèdent à un emploi durable à La Réunion".

"Il faudra forcément s’interroger sur la destination de ce dispositif", prévient-il encore.

Spécificités du territoire

Une phrase loin d’être anodine. Car à La Réunion, de nombreux élus considèrent désormais les PEC non plus comme un simple outil d’insertion, mais comme une pièce centrale du fonctionnement des communes, des écoles et du tissu associatif.

Le ministre rappelle malgré tout que "33 millions d’euros" restent consacrés aux contrats aidés sur l’île et évoque également un futur "plan emploi jeunes" censé être adapté aux "spécificités du territoire".

Reste que dans les communes réunionnaises, beaucoup redoutent déjà une rentrée scolaire sous tension. Derrière les discussions techniques et les arbitrages budgétaires, c’est toute l’organisation du service public local qui semble aujourd’hui suspendue aux prochaines décisions de l’État.

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