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CIMM : "La loi existe, la priorité existe. Elle est peu, pas ou mal appliquée"

Ecrit par N.P. – le jeudi 31 juillet 2025 à 15H46

Le syndicat Solidaires Fonction Publique de La Réunion s'exprime sur la situation des fonctionnaires réunionnais envoyés dans l'Hexagone.

Le communiqué :

Récemment de nombreux articles et prises de position publiques ont illustré à leur manière la problématique de tout fonctionnaire d’État originaire de La Réunion : comment muter et exercer sa profession au péi !

Au sein de la Fonction Publique d’État, des agents recrutés partout en France, par concours national sont affectés sur les postes vacants.

Par exemple l’Education Nationale envoie ses jeunes enseignants sur les rectorats les plus déficitaires en effectifs : Paris, Versailles ou Créteil.

Les affectations vers La Réunion se font aux rythmes des postes qui se libèrent, moins nombreux à l’avenir avec les 3000 suppressions d’emplois annoncées en 2026 puis le non remplacement d’1retraité sur 3 à partir de 2027.

Portée par Mme Bareigts alors secrétaire d’État à l’Egalité Réelle, la loi EROM du 28 février 2017 a créé la priorité légale CIMM (Centre d’Intérêt Matériel et Moraux). Un agent cumulant plusieurs critères est considéré administrativement comme prioritaire. Ce n’est pas
l’assurance de rentrer de suite mais celle de rentrer un jour.

C’est le fruit d’une proposition portée initialement par Solidaires Finances Publiques Réunion puis par l’Union Syndicale Solidaires.

Cette priorité CIMM reste perfectible, mais c’est une priorité légale au même titre que le handicap et le rapprochement de conjoints.

Les administrations appliquent diversement cette priorité légale et c’est le cœur du problème.

Certaines donnent une valeur en points mais pas de priorité à proprement parler et d’autres traitent les demandes prioritaires avant les autres. C’est la seule façon d’assurer aux originaires au sens du CIMM une primauté sur les postes libérés à La Réunion…

Toutefois, ce précieux sésame qu’attendent des milliers de Réunionnais dépendra toujours de la réalité des effectifs sur l’île ,de la vigilance, de la force et de la vigueur des organisations syndicales pour l’application des règles .

Depuis 2017 les fonctionnaires sont traités comme un coût par le pouvoir politique et les capacités d’actions des organisations syndicales ont été réduites par la loi de transformation de la fonction publiques de 2019. Depuis, l’opacité des mutations nationales et locales est une donnée réelle.

La pression sur le système de mutation est énorme dans certaines administrations, la DGFIP par exemple, c’est 350 demandes de mutations dont près de 250 prioritaires pour 35 postes en 2025. 100 % des rentrants ont au moins le CIMM.

Il n’y aura pas de solution magique pour rentrer à La Réunion. Certains imaginent un concours régional mais quid de ceux qui ont joué le jeu et sont partis en métropole ?

Comment rentrer si les administrations recrutent directement à La Réunion à hauteur de leurs besoins ? Il n’y aurait plus de postes offerts aux mutations.

Ce concours régional ne serait assurément pas la meilleure solution.

D’autres introduisent des recours au Tribunal Administratif, ce qui peut fonctionner , pour preuve le jugement rendu le 15 juillet dernier mais ce n’est pas un processus de mutation pérenne, c’est un recours judiciaire individuel.
Il faut aussi faire face au manque d’informations pour initier un recours puisque le système a été rendu totalement opaque par la loi Montchalin de 2019.
Certains croient encore à l’Administration Paternaliste et finissent déçus, d’autres pensent qu’un recours politique les sauvera ou qu’un courrier à un sénateur déplacera leur dossier en haut de la pile. Cela ne marche que pour les autres. La seule solution est collective !

Si des agents veulent rentrer à La Réunion, ils doivent faire en sorte que dans leur administration le système de priorité soit réellement respecté et transparent. La loi existe, la priorité existe. Elle est peu, pas ou mal appliquée.

La solution passe par rejoindre le combat collectif, intégrer les syndicats, militer, faire bouger les choses dans les administrations.

Et aussi se battre contre les réductions d’effectifs, contre cette politique qui gère les fonctionnaires par le biais de contraintes budgétaires et ne tient pas compte des besoins des territoires en service public.

A La Réunion, il y a une réelle certitude, c’est la sous implantation des effectifs comparativement à l’Hexagone et au regard des besoins des citoyens Réunionnais.

En un mot, nous lançons un appel aux fonctionnaires Réunionnais qui désespèrent de rentrer au péi, investissez-vous dans le collectif !


Solidaires Fonction Publique de La Réunion

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