Revenir à la rubrique : Santé

Chirurgie : Le CHR de St-Denis réussit une première mondiale

Une première mondiale, rien que ça. Lundi dernier, des médecins de l'hôpital Bellepierre en collaboration avec un professeur de Bordeaux ont réalisé une opération de chirurgie reconstructive sur une patiente réunionnaise. Grâce à une technique innovante de régénération des tissus, elle a quitté hier soir l'hôpital avec une joue neuve, et sans traitement particulier à suivre.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 21 octobre 2010 à 11H03

"Dorothée va bien", assurent les médecins, "elle sort tout à l'heure avec ses ordonnances. Elle s'alimente normalement et possède simplement un petit pansement de propreté sur la face", ont affirmé hier à l'occasion d'une conférence de presse, le docteur Christophe Jaillant, praticien hospitalier exerçant au CHR de la Réunion, le professeur Casoli Vincent du CHU de Bordeaux ainsi que le docteur Léon Benhamou, chef de service des grands brûlés au CHR de la Réunion.

Lundi, tous les trois se retrouvaient pour une opération chirurgicale inédite. Pas tant pour l'opération en elle-même mais davantage parce que cette opération a fait appel à une technique tout à fait innovante en la matière. Après un cancer, Dorothée se voit retirer la parotide (la plus volumineuse des glandes salivaires, petite masse située juste devant l'oreille). Depuis, une cavité s'était formée sur sa joue : "Il lui restait ce trou qui lui rappelait en permanence la maladie qu'elle avait du combattre", souligne le Dr Benhamou. Cette opération était pour elle l'occasion de croire en un avenir différent, et de gommer peu à peu "des séquelles invalidantes tant fonctionnelles que psychiques", ajoute le Dr Jaillant.

"Nous pouvons reconstruire sans détruire"

Les techniques utilisées habituellement ne pouvaient pas l'être dans son cas. Pour Dorothée, une première intervention a été effectuée à Bordeaux. Il s'agissait d'injecter un collagène (substance présente dans notre corps avec une grande porosité). La deuxième intervention, qui a eu lieu au CHR de Saint-Denis lundi, a consisté à prélever ce tissu collagénique et le disposer à l'intérieur de la joue droite de la patiente : "on a réalisé une incision de type lifting cervico-facial, nous avons fait une loge au niveau de la dépression jugale, placé les petits tissus néoformés dans cette loge et anastomosé les vaisseaux de l'avant-bras au niveaux des vaisseaux récepteurs du cou", explique le Dr Casoli. C'est ce transfert qui révèle le potentiel du corps à se régénérer qui représente une première mondiale et laisse présager des débouchés fabuleux.

"C'est également extraordinaire pour nous chirurgiens d'imaginer que nous pouvons reconstruire sans détruire. Ça fait le pendant à la transplantation faciale qui est surmédicalisée mais qui nécessite, pour ceux qui ont eu recours à cette technique, de se soumettre à vie à un traitement anti-rejet car il s'agit bien d'un bout de peau récupéré chez un autre individu", précise le Dr Casoli.

Les médecins bouillonnent d'idées pour les années à venir. Ils imaginent déjà pouvoir utiliser cette technique de substitut dermique pour d’autres cas, à l'instar des accidentés de la route, de la reconstitution des seins des femmes atteintes de cancers ou encore des grands brûlés…

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :