Chikungunya : le plan blanc déclenché au CHU de La Réunion

Face à la recrudescence des cas de chikungunya, le CHU de La Réunion a déclenché le plan blanc ce vendredi 4 avril 2025. Les hôpitaux passent ainsi en mode gestion de crise afin de faire face à l'afflux de patients.
Face à la montée en puissance de l’épidémie de chikungunya sur l’île, le CHU de La Réunion a décidé d’activer son plan blanc, ce jeudi 4 avril. Une décision prise en concertation avec la présidence de la Commission médicale d’établissement (CME) et l’Agence régionale de santé (ARS), pour faire face à une situation hospitalière jugée critique.
Depuis plusieurs jours, les services d’urgences de l’île sont sous pression. Jusqu’à 170 passages quotidiens ont été enregistrés sur le site Sud, dont une vingtaine liés directement au chikungunya. La tendance est désormais à la hausse également sur le site Nord du CHU. Parallèlement, les capacités d’hospitalisation sont arrivées à saturation, malgré l’ouverture de lits supplémentaires et l’appui ponctuel d’établissements privés du Sud grâce à des autorisations provisoires.
Autre facteur aggravant : le manque de personnel, avec jusqu’à 35 absences par jour, là encore en lien avec le chikungunya. Des reports d’opérations et de soins non urgents commencent à impacter l’ensemble des filières de soins.
Le déclenchement du plan blanc permet ainsi au CHU de se réorganiser en temps réel : mobilisation ciblée du personnel, adaptation des unités, déprogrammation d’activités, recours possible à la Réserve sanitaire, et coordination territoriale via la cellule de gestion des lits. Des lits supplémentaires sont aussi mobilisés pour les patients atteints du virus, notamment dans les services d’accueil des urgences.
Qu’est-ce qu’un plan blanc ?
Les établissements de santé peuvent être confrontés à :
- des situations impliquant une augmentation importante de leurs activités (afflux de patient liés à une épidémie, situations sanitaires exceptionnelles de toutes natures comme des accidents routiers de grande ampleur, catastrophes industrielles, attentats...) ;
- une problématique altérant significativement leur capacité de prise en charge (inondation, cyber-attaque paralysant le fonctionnement) pouvant nécessiter des mesures de grande ampleur, y compris le transfert de certains patients voire une évacuation de l’établissement.
Il importe alors de garantir la réponse adaptée, la continuité des prises en charge et la sécurité des patients et du personnel par la mobilisation de tous les moyens et ressources nécessaires.
Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence régionale de santé ce mercredi 2 avril, 5 832 cas confirmés ont été enregistrés entre le 17 et le 26 mars 2025. Plus de 18 000 consultations liées au virus ont également été recensées en médecine de ville.
La circulation du virus s’intensifie et touche désormais toutes les communes de l’île. Le Tampon reste la plus impactée, avec 4 700 cas à elle seule.
Depuis le début de l’épidémie en août 2024, La Réunion totalise 20 242 cas de chikungunya.
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