Chikungunya : le député Philippe Naillet alerte le ministre de la Santé

Face à une épidémie galopante à La Réunion, le parlementaire interpelle le gouvernement et demande des mesures concrètes, notamment le remboursement du vaccin et le soutien à la lutte antivectorielle.
Dans un courrier adressé ce vendredi 29 mars au ministre chargé de la Santé, Yannick Neuder, le député Philippe Naillet tire la sonnette d’alarme sur l’explosion des cas de chikungunya à La Réunion. Depuis août dernier, 13.594 cas ont été enregistrés par l’Agence régionale de santé (ARS), un chiffre qui serait largement sous-estimé selon les propres mots de l’agence, évoquant "deux, trois ou quatre fois plus" de contaminations en réalité. Pour la seule semaine du 10 au 15 mars, ce sont 4.156 cas qui ont été recensés, avec l’ensemble de l’île désormais touché, deux décès chez des personnes âgées et sept hospitalisations de nouveau-nés.
Demande de prise en charge du vaccin
Le député de la première circonscription s’inquiète aussi des conséquences économiques, avec des entreprises privées d’effectifs, certaines contraintes de suspendre leur activité. Dans ce contexte déjà tendu, la baisse brutale des moyens alloués aux Parcours Emplois Compétences (PEC), décidée par arrêté préfectoral le 24 mars, vient selon lui "mettre en péril la continuité des services publics essentiels", notamment la lutte contre les moustiques vecteurs du virus.
Le cyclone Garance, survenu fin février, aurait par ailleurs aggravé la situation, en favorisant la stagnation des eaux, terrain propice à la prolifération du moustique tigre. Alors que les Réunionnais gardent en mémoire les ravages de l’épidémie de 2005-2006, Philippe Naillet insiste sur l’importance d’un accès facilité au vaccin IXCHIQ, autorisé depuis le 20 novembre dernier. Vendu actuellement à 150 euros la dose, le vaccin reste inaccessible pour de nombreuses familles. Il plaide donc pour un remboursement au moins partiel par l’Assurance maladie, et la mise à disposition gratuite de répulsifs dans les centres communaux d’action sociale (CCAS) pour les publics les plus exposés.
Le député conclut sa lettre en espérant une réponse rapide du ministre. Il estime que le remboursement du vaccin et la distribution gratuite de répulsifs pour les publics fragiles constituent des leviers indispensables pour enrayer la propagation du virus sur le territoire réunionnais.
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