Chikungunya, économies budgétaires et incertitudes réglementaires : « l'horizon s'assombrit » pour la CPME

Face à la résurgence du chikungunya et aux mesures d'économies budgétaires prévues par le gouvernement, Gérard Lebon, président de la CPME Réunion, appelle à des mesures urgentes pour soutenir les entreprises locales. Il plaide pour une adaptation des dispositifs d'aide, notamment le chômage partiel, et met en garde contre les répercussions potentielles d'un éventuel coup de rabot sur la LODEOM.
La Réunion traverse une période difficile, marquée par une nouvelle vague de chikungunya qui perturbe le fonctionnement des entreprises. Gérard Lebon, président de la CPME Réunion, souligne que « le chikungunya, tel qu'on le connaît aujourd'hui, a un effet plus silencieux que e cyclone Garance mais dévastateur sur l'économie locale ». Il rapporte, par exemple, le cas de certains restaurateurs qui voient jusqu'à 8 % de leurs effectifs touchés, compliquant la gestion quotidienne de leur activité.
Cette situation sanitaire s'ajoute à un climat économique déjà tendu. « Depuis le Covid, on va de crise en crise », déplore Gérard Lebon. Il insiste sur la nécessité de réactiver des dispositifs tels que le chômage partiel pour les entreprises impactées. Cependant, il note que « la question du chômage partiel se heurte aussi à la réglementation actuelle, sans possibilité de dérogation ». D'où la volonté de pousser à une loi Outre-mer, capable de prendre en compte les spécificités de chaque territoire, surtout des dispositifs à activer en cas de besoin, sans passer en permanence par la case législation.
Pas touche à la LODEOM
La CPME Réunion milite bien évidemment pour la préservation du dispositif LODEOM (Loi pour le développement économique des outre-mer), qui offre des exonérations de cotisations sociales aux entreprises ultramarines. Bien qu'aucune réforme immédiate ne soit annoncée, le contexte budgétaire tendu, avec les 40 milliards d'euros d'économies prévues par l'Etat, fait peser un risque non négligeables sur ce dispositif essentiel. Les entreprises étant souvent des variables d'ajustement budgétaire. Une mission conjointe de l'Inspection générale des finances (IGF) et de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait été mandatée pour évaluer les exonérations spécifiques aux outre-mer, mais son rapport n'a pas encore été rendu public.
« Toucher à la LODEOM reviendrait à toucher à un levier de création d'emploi, ce qui ne ferait que contribuer à une augmentation du chômage », avertit Gérard Lebon. Il rappelle que lors de l'élaboration du projet de loi de finances pour 2025, des inquiétudes avaient déjà émergé concernant la pérennité de ce dispositif.
Mais une touche d'optimisme
Par ailleurs, la loi de simplification de la vie économique, actuellement en discussion, suscite des attentes. Ce texte vise à alléger les démarches administratives pour les entreprises, notamment les TPE et PME. La CPME se félicite de la réintroduction du "test PME", qui permet d'évaluer l'impact des nouvelles réglementations sur les petites entreprises. « Cela fait des années que la CPME se mobilise pour cela. Dans le contexte actuel, il est vital d'avoir cette simplification. Nous n'avons plus les moyens de répondre à toutes les réglementations », souligne le président de la CPME.
Malgré ces défis, Gérard Lebon reste toutefois optimiste. « On continue à accompagner les entreprises, même si en face de nous, il y a un mur compliqué à passer », affirme-t-il. Il appelle, une nouvelle fois, les pouvoirs publics à prendre en compte les spécificités des territoires ultramarins pour éviter une dégradation supplémentaire du tissu économique local.


