Cher permis de conduire
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Il est trop long, trop compliqué et trop cher. C’est notre secrétaire d’Etat aux transports qui le dit. Réalité ou annonce politicienne ? Trop long, c’est vrai. Il fallait trois mois, dans le meilleur des cas en raison des délais administratifs imposés. Ces délais ont été en partie supprimés. On gagne 1 mois 1/2. Pourquoi ne pas les supprimer totalement ? Ce serait pour mieux former les candidats, en faisant échec aux stages accélérés dit-on. C’est une mesure dogmatique. Les délais pénalisent ceux qui sont prêts ; et ceux qui ne le sont pas, ne prennent pas pour autant des leçons. D’ailleurs la réduction des délais repose essentiellement sur le nombre d’inspecteurs disponibles. Ce manque perdure. Je doute d’une réelle amélioration.
Trop compliqué ! Ce n’est pas exact. Les questions théoriques (le code) sont quasi enfantines. Mais les questions sont trop équivoques. Il suffit de les rendre, plus claires. Levez les ambiguïtés, mais de grâce, ne baissez pas encore le niveau. C’est par l’objectivité des évaluateurs, et l’efficience des critères d’évaluation que le niveau s’améliorera. Il appartient aux apprenants et aux enseignants de se conformer au niveau requis. Mais, est-on clair sur ce point. C’est l’examen qui tire le niveau de la formation. Croire le contraire est utopique. A-t-on vraiment déterminé le niveau d’exigence. Quelle finalité poursuit-on ? L’exigence sociale du permis, n’a-t-il pas pris le dessus, sur la finalité : la sécurité
On a trop légiféré la formation. Son traitement trop administratif, appauvrit la pédagogie, qui est d’abord l’œuvre de l’enseignant. Or les livrets "dit de formation" est un vrai dédale, plus perturbant qu’éclairant. Il est trop abondant, et confus. En l’état il est difficilement utilisable et inefficace. La majorité des enseignants l’ont mis de côté, et les inspecteurs ne s’en servent plus. C’est un signe ! D’ailleurs la formation, peut-elle se réduire à quelques heures passées à l’auto-école, comme c’est encore le cas aujourd’hui ?
Des ajustements s’imposent. Mais il faut arrêter de réformer. La conduite supervisée nouvelle mesure n’est qu’une version raccourcie de la conduite accompagnée qui en 20 ans n’a concerné que 25 % des candidats. C’est pourtant une bonne mesure ! En effet, l’expérience ou plutôt le nombre de kilomètres parcourus est un facteur important, pour atteindre un niveau certain. Ce n’est pas avec 30 H et 1000 kms en formation traditionnelle qu’on y arrivera. La conduite accompagnée le permet. Sa promotion a été mal faite et trop tard. C’est en fin de 3e qu’il faut apporter des informations convaincantes. Quand l’élève arrive à l’auto-école à 18 ans c’est trop tard. Le délai d’un an les rebute.
Le permis est un produit d’Etat. Il lui incombait de communiquer en ce sens. Il n’est pas sain aujourd’hui, en filigrane, ne désigner les auto-écoles. L’objectif (électoraliste) est de permettre aux élèves de prendre un minimum d’heures, sous prétexte que le permis serait cher. Pourquoi imposer 20 H, alors ? Le public a retenu 20 H, (maxi) et je passe le permis. Ça c’est la réalité ! Le permis à 1 € / jour était censé solutionner l’accès financier au permis. C’était évident que cela n’allait pas marcher. Les banques ne prêtent pas aux plus démunis ! Est-ce que c’est le permis qui est cher ou les salaires qui sont trop bas ? Les familles triment-elles pour payer le permis, ou pour toutes sortes d’achat ? CQFD
Le permis n’échappe pas à la problématique plus générale, qu’est le pouvoir d’achat. Et pour dire qu’il est cher, il faudrait déjà connaître le coût de revient d’une leçon. Les études de prix réalisées par les syndicats et expert comptable déterminent un prix de vente aux alentours de 44 € / H et 150 € le forfait de code selon les régions. Or les auto-écoles sont en dessous ! Personne n’est verbalisé pour cette raison. Pourtant la vente à perte est interdite. La démagogie politique est totale à l’égard du permis. Non seulement vous ne facilitez pas l’aide financière aux plus démunis, vous stigmatisez une profession et vous récoltez la manne post permis : les PV divers.
Quant au rapport élève – client, il sera toujours contaminé, quoique l’on fasse. Si l’école était payante, y aurait-il la même suspicion ? Vous aurez beau dire, et incanter, la sécurité sur la route, ne dépend pas que du niveau de formation. Nous ne sommes pas responsable de l’éducation civique ni des incivilités ambiantes ! Bien sûr que la compétence du formateur compte ; mais le manque d’habileté ou de difficulté de compréhension des élèves, crée aussi nos limites. Nous héritons des parents, des profs et des capacité de l’apprenant. Le nombre de leçons en dépend forcément.
Jacques DIJOUX
Saint-Paul


