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Ces propriétaires pauvres, une spécificité réunionnaise

Une récente étude de l’Insee en partenariat avec la Région portant sur les Hauts de l’île a remis en évidence une spécificité locale, celle des propriétaires vivant sous le seuil de pauvreté monétaire. Plus nombreux à vivre dans les Hauts, ils connaissent une situation deux fois plus fréquente que dans l’Hexagone.
Ecrit par S.F – le mardi 13 février 2024 à 06H21
Image créée avec l'intelligence artificielle

La Réunion compte parmi les régions et départements de France où la pauvreté est la plus répandue avec 36% de la population qui vit sous le seuil de pauvreté monétaire en 2020.

En parallèle, au sein de cette part de la population locale figure 19% de propriétaires, une situation deux fois plus fréquente sur le territoire comparativement à la métropole, où cela ne concerne que 9% des pauvres.

La pauvreté monétaire est liée à une variété de facteurs et de situations personnelles ou professionnelles parmi lesquels l’absence ou de faibles revenus d’activité, la faiblesse des pensions de retraite, l’existence ou non de charges familiales plus ou moins importantes. Le panorama de la pauvreté à La Réunion 2020 met en exergue cette singularité locale.

Plus de pauvres propriétaires que dans l’Hexagone

En 2020, ce sont ainsi 19% des ménages pauvres de l’île vivant sous le seuil de pauvreté qui vivent dans un logement qui leur appartient.

Ces propriétaires précaires sont d’autant plus nombreux dans les Hauts de l’île, qui compte 180 000 habitants en 2020*. Le plus souvent installés dans le Sud et dans les cirques, les propriétaires pauvres sont en revanche peu présents dans le Nord. A l’instar des Bas, où les ménages pauvres sont majoritairement locataires, 57% des ménages pauvres des Hauts sont, eux, plus souvent propriétaires de leur logement (contre seulement 31 % des ménages pauvres des Bas).

Une situation financière moindre que dans l’Hexagone

Il s’agit de ménages relativement âgés (principalement des personnes entre 50 et 74 ans) dont le quart sont des couples avec enfants et dont les revenus sont constitués pour moitié de prestations sociales. Ils disposent de ressources plus faibles et il s’agit le plus souvent de familles avec enfant(s) que dans l’Hexagone.

Leur logement étant plus souvent en mauvais état que dans l’Hexagone, leur capacité à l’entretenir peut être limitée par un faible niveau de vie. Les propriétaires pauvres restent cependant dans une situation plus favorable que les autres ménages pauvres de l’île. Une fois les dépenses liées au logement effectuées et les aides reçues, les propriétaires pauvres disposent de plus de ressources financières et surtout vivent dans des logements moins souvent surpeuplés que les locataires pauvres. Toutefois, la situation des propriétaires pauvres réunionnais est moins favorable que celle des propriétaires pauvres vivant dans l’Hexagone.

*Depuis 2007 les Hauts correspondent à l’aire d’adhésion maximale du Parc National

Etiquettes : Economie | Insee | Pauvreté

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