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Ce qu’il faut prendre en compte pour construire l’avenir de La Réunion

Invitée de la Conférence-débat Résilience Océan Indien à la CCI Réunion Magali Bonnefont, cheffe du service Etudes et Diffusion de la Direction Interrégionale La Réunion-Mayotte de l’INSEE, dressait la situation macroéconomique conjoncturelle de l’île de La Réunion.

Ecrit par SF – le dimanche 25 février 2024 à 06H29

En marge d’une conférence débat organisée ce mardi à la CCI Réunion autour de l’écoconstruction dans la zone Océan Indien, l’INSEE présentait la situation macroéconomique conjoncturelle de l’île, une donnée importante pour mieux construire La Réunion de demain.

La croissance démographique devrait ralentir et s’accompagner d’un vieillissement de la population

L’évolution de la croissance démographique de l’île, aujourd’hui très dynamique, figure parmi les points les plus importants à prendre en considération dans le façonnement de La Réunion de demain.

La population a été multipliée par 1,7 en 40 ans, contre 1,2 à l’échelle nationale, faisant passer le nombre de résidents de La Réunion de 516 000 en 1982 à 880 000 en 2023.

Selon les projections de l’INSEE, cette croissance devrait se poursuivre avant de ralentir, avec le million d’habitants atteint en 2044 et une population d’1,22 millions en 2050.
L’île passerait d’une croissance annuelle de la population de +0,7%/an à +0,4% dans les années 2040-2050.
La tranche des moins de 20 ans continuerait de croître même si leur part dans la population baisserait, passant de 31 à 28%.
Si les hypothèses tendent pour un maintient de la natalité autour de 2,5 enfants par femme, ce serait au nombre de décès en augmentation, en lien avec le vieillissement progressif de la population que sera attribuer ce ralentissement.

A l’horizon 2050, le nombre de séniors devrait fortement augmenter. Les plus de 60 ans qui étaient 145 000 en 2018, soit 17% de la population, réprésenteraient 26% de la population en 2050 (soit 264 000 personnes).
Le nombre des + de 75 ans triplerait sur la période pour représenter 12% de la population. Cette conjoncture pose déjà les enjeux de demain en matière de santé, d’équipement des logements, de maintien du lien social, et de déplacements, à prendre en compte dans les projets d’éco-construction.

Un contexte de développement économique permettant de réduire la pauvreté

L’analyse réalisée de la croissance du PIB et du PIB moyen par an et par habitant permet de mettre en évidence certains moteurs de l’économie réunionnaise. “On est dans un système d’économie présentiel où l’essentiel des activités est tournée vers la satisfaction des besoins de la population présente. La consommation des ménages est la principale composante de la croissance du PIB et le secteur public joue un rôle très important également, à la fois par sa consommation et ses investissements”, explique Magali Bonnefont, Cheffe du service Etudes et Diffusion de la Direction Interrégionale La Réunion-Mayotte de l’INSEE .

Parallèlement, les dépenses des touristes soutiennent le développement et contribuent à la croissance du PIB.

En somme, si la croissance de la population et de ses revenus, qui permet la consommation des ménages et donc le développement économique, ralentit, l’élévation du niveau de vie aura un rôle essentiel pour soutenir le développement économique de demain.
L’insertion professionnelle de la population tient également un rôle important dans l’évolution du niveau de vie des Réunionnais, de plus en plus qualifiés, dont, rappelons-le, 36% vivent sous le seuil de pauvreté monétaire en 2023, un taux en baisse, qui reste très, trop, élevé.

Croissance démographiques et économiques génèrent des pressions environnementales

La Réunion compte environ 390 000 logements en 2020, avec une croissance beaucoup plus rapide que celle de la population. Les besoins sont en partie dûs à la décohabitation.

Le parc de logements a été multiplié par 2,8 depuis 1982. Il s’agit de logements relativement récent, avec ¼ du parc qui date d’après 2006. L’INSEE indique que pour 88% du parc il s’agit de logements principaux. Même si les logements collectifs se sont développés ces dernières années, les logements individuels représentent 66% d’entre-eux.

Parallèlement, le parc automobile connaît une forte croissance et pourrait continuer à croître. En 2020 , 80% des trajets domicile-travail se font en voiture. Ce sont plus de 475 000 véhicules particuliers qui circulent sur l’île, avec 73% des ménages qui ont une voiture et 4 actifs sur 10 quittent leur commune pour aller travailler. Bien que les réseaux de transports en commun semblent se développer ces dernières années, les Réunionnais restent très dépendants de la voiture, comme l’illustre les embouteillages quotidiens des heures de pointe.

En matière d’émissions de gaz à effet de serre, principale cause du réchauffement climatique auquel La Réunion n’échappe pas, la tendance n’est pas au beau fixe non plus. Les émissions augmentent fortement entre 2014 et 2017 (+20% d’émission de CO2).

Du côté des déchets, là aussi on constate une augmentation de la production avec 530 kg par an et par habitant en 2007 contre 640 en 2017.

Constructeurs, éco-constructeurs, du futur devront tenir compte de l’ensemble de ces pour, en
Anticiper l’augmentation et le vieillissement de la population, veiller à l’augmentation du niveau de vie des ménages, ou encore leur mode de circulation et leur empreinte carbone, sont autant de paramètres à tenir en compte pour mieux bâtir La Réunion de demain.

Thèmes : Economie | Insee | Population
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