Ce grand pendard de Rémy Boniface !

Il y a au moins un point positif sur nos chaînes locales.
Chez RFO, "le plus du 19 h" de Jean-Marc Collienne. En quelques chiffres et trois mots, il décrypte des situations bien confuses. On en ressort avec l’impression d’être moins con. Une performance.
Chez Antenne, "L’invité du jour". Des gens, qu’on connaît peu ou pas, deviennent attachants loin des clichés. Ce mercredi, nous avons eu Me Rémy Boniface, "’avocat du PCR" ; il l’accepte sans fausse honte. Et pourquoi honte, au fait ?
J’arrête tout de suite les grincheux : l’expression "grand pendard" n’a rien de péjoratif et serait même plutôt affectueuse. Alexandre Dumas qualifie notre héros français favori, Charles de Baatz Castelmore, alias d’Artagnan. Prompt à sortir la rapière, défendre sa cause, rigoler et vider de bons godets.
Boniface ne renie pas sa proximité avec le PCR. Il se sent des affinités avec le communisme, soit ; nul n’est parfait. Mais lorsqu’il s’empare d’une cause, c’est à bras-le-corps. Honnête intellectuellement, il ne prétend pas que tous ses clients sont de purs chérubins : "Heureusement qu’il n’y a pas que les innocents qui ont besoin d’un avocat !" ajoute-t-il même avec son humour redoutable.
Voyez-vous… je croyais connaître cet homme et étais loin du compte. Evoquant certaines causes douloureuses, on l’a vu au bord des larmes. Il faut parfois être blindé mais qui peut se vanter de l’être totalement ? Il est vrai que lorsque l’on a une Anita Remtoula comme cliente, outre le fait qu’elle a mille fois raison de se plaindre, elle sait susciter les élans du cœur. Pas que chez son avocat…
Rémy m’a plu en évoquant Me Michel Folio, autre intellectuel de haut niveau, qui fut avant lui "l’avocat du PCR" et accessoirement le mien lors des fois où je fus accusé de calomnie, voire de racisme. Moi ! Raciste ! De quoi se la prendre et se la mordre.
Je rappellerai volontiers la sortie de Me Albon lors du procès d’un homme s’étant fait passer pour avocat. Ce jeune ténor timide (voire !) mais pointu a dit, s’agissant de son confrère défendant l’accusé :
"C’est justement l’honneur de notre profession que de défendre les indéfendables", saluant alors la présence de son confrère dionysien assistant l’accusé.
Ce qui me gêne avec Rémy Boniface ? Il a dit du bien de Me Jacques Vergès qui, à mon humble avis, n’était pas du tout le ténor que l’on prétend. Ce truqueur était un excellent agent publicitaire, le sien-même bien entendu. Un ténor ne perd pas tous ses procès. Mais il se fait un pognon énorme.
Rémy, lui, est un vrai ténor. Comme Albon, comme Djalil, comme la grande madame Sagot, comme Issé, comme Jo-la-Flûte, comme Boyer-Roze et tant d’autres. Tous émules de Badinter, Albert Neau, Isorni, Tixier-Vignancourt, Salez, Jacques Técher…
A demain matin, chers Maîtres.
Jules Bénard


