CCIR : Ibrahim Patel lance la campagne de la Fédaction pour l'élection à la présidence de 2026

Bien qu'il soit inéligible, l'ancien président de la CCIR Ibrahim Patel conserve intactes ses ambitions à la tête de la Fédaction. Son mouvement s'engagera bien dans la course à l'élection à la présidence de fin 2026, a-t-il annoncé ce mercredi, en laissant planer le doute sur sa présence en tête de liste.
L'invitation mentionnait une conférence de presse, mais la réunion de ce mercredi 16 juillet, dans un restaurant de Saint-Denis, avait tout du meeting politique. Devant un parterre constitué d'une cinquantaine de chefs de petites entreprises, Ibrahim Patel s'est fait le porte-parole des entreprises réunionnaises en difficulté, rappelant qu'elles étaient "11.000 en redressement" l'an dernier.
Rien de bien surprenant de la part du bouillant président de la Fédaction, si ce n'est le fait qu'Ibrahim Patel est sous le coup, depuis juin 2024, d'une condamnation à six mois de prison avec sursis assortie d'une interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans, le tout pour avoir établi un faux au moment du dépôt de sa candidature, à l'occasion des élections à la Chambre de commerce et d'industrie de La Réunion (CCIR) en 2021.
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Pour rappel, Ibrahim Patel avait déjà été définitivement condamné en cassation à une peine de 5 ans d'inéligibilité dans l'affaire des loyers marrons, en février 2022. Et selon les statuts de la CCIR, un candidat à la présidence se doit d'avoir exercé depuis au moins deux ans à la tête d'une entreprise.
« Ce n'était pas un meeting »
Interrogé sur son impossibilité de se présenter, l'ancien président de la CCIR a fait mine de botter en touche, sourire aux lèvres, en laissant entendre que la situation ne sera peut-être pas la même en octobre ou novembre 2026, au moment du scrutin pour le renouvellement de la Chambre. La Fédaction, souligne-t-il, a toujours été présente dans la campagne depuis 2004 , ferraillant face au Medef ou à la CPME.
« Ce n'était pas un meeting, j'avais invité une trentaine de personnes mais beaucoup de monde a voulu venir parce que c'était ma première apparition publique. On est sur le débat économique, viendra le temps des élections. Éligible ou pas éligible, on verra. En 2022, ça ne m'a pas empêché de faire élire Pierrick Robert. J'aurais pu choisir quelqu'un d'autre, face au Medef ou à la CPME », s'explique Ibrahim Patel.
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L'actuel président de la CCIR Pierrick Robert a, du reste, plutôt été épargné par son prédécesseur lors de ses prises de parole, Ibrahim Patel laissant à ses soutiens dans la salle le soin de critiquer la politique économique de la Chambre. Mais le commerçant saint-paulois n'a, en revanche, pas épargné la Région, dont il a vivement critiqué les choix, concernant l'utilisation de l'octroi de mer ou le soutien financier apporté à Air Austral ou la Sapmer.
« Air Austral a touché 32,5 millions de la Région et du Département. Si je rajoute la Sapmer, c’est 5 millions de plus. Il y a eu le cyclone Garance, vous, vous avez obtenu quoi ? », a lancé Ibrahim Patel à son auditoire. « Je suis pour qu’on sauve Air Austral mais je pense qu’il faut faire des efforts pour vous aussi. Allons créer un fonds de 37,5 millions d’urgence pour les petites entreprises. »

Pour lui, le calcul est vite fait : 37,5 millions d'euros divisés par 7.500 petites entreprises, c'est l'assurance de 10.000 euros d'aides pour tout le monde. À condition, bien sûr, que les conditions restrictives, comme l'obligation d'être à jour de ses cotisations sociales, sautent. Dans la salle, un chef d'entreprise souligne que ce sont aussi 185 millions d'euros de passifs qui ont été effacés de l'ardoise d'Air Austral.
Baisse de l'octroi de mer sur les produits de première nécessité
Le président de la Fédaction s'est aussi attaqué à l'octroi de mer, estimant que cette taxe plombait le pouvoir d'achat et servait, en bonne partie, à financer le fonctionnement des collectivités. « Le rapport de la CRC dit exactement ce que j’ai dit en 2015 : il dit que c’est opaque et il parle de l'intérêt de mettre en place une TVA régionale. Moi, je ne demande pas la suppression de l’octroi de mer, je demande la baisse de l’octroi de mer sur les produits de première nécessité pour donner du pouvoir d’achat », expose Ibrahim Patel.
L'ancien président avoue avoir changé d'avis sur l'ouverture des commerces le dimanche et propose une grande consultation pour recueillir l'avis des premiers concernés, qui subissent de plein fouet la concurrence des grandes surfaces, mais aussi celle de l'e-commerce. À ce titre, Ibrahim Patel se dit favorable à la taxation des petits colis, de même qu'il soutient François Bayrou dans sa volonté de supprimer deux jours fériés du calendrier.


