Carburants : forte hausse du gazole en vue en mai… le préfet arrache une réunion technique

La réunion de crise organisée ce mardi à la préfecture de La Réunion s’est achevée après près de deux heures d’échanges tendus entre élus, acteurs économiques, transporteurs et opérateurs pétroliers. En toile de fond : la perspective d’une forte hausse du gazole en mai… et une dernière tentative lancée par l’État.
Après près de deux heures de discussions, la réunion convoquée par le préfet autour des prix des carburants s’est terminée ce mardi en fin d’après-midi à la préfecture de La Réunion, sans accord immédiat mais avec des lignes de fracture désormais clairement exposées. Malgré les alertes lancées pendant la séance, les opérateurs pétroliers n’ont, à ce stade, annoncé aucun geste concret.
Autour de la table se trouvaient plusieurs députés, maires, représentants des collectivités, du monde économique, des transporteurs et des compagnies pétrolières. La Région était représentée par Huguette Bello et Fabrice Hoareau. Les députés Karine Lebon et Jean-Hugues Ratenon étaient présents, tout comme Olivier Fontaine, Pierrick Robert, les représentants de l’OPMR et Vianney Setama.

Forte hausse du gazole et sans-plomb stable
Selon les projections évoquées durant la séance, les prix du mois de mai pourraient se traduire par une forte hausse du gazole, tandis que le sans-plomb resterait relativement stable. Dès cette présentation des chiffres, le préfet a fait part de ses craintes face au risque d’une importante crise sociale. Une perspective jugée explosive dans un territoire où le coût du carburant pèse directement sur les transports, les prix à la consommation et le budget des ménages.
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Pendant les conversations, il a été rappelé que la situation internationale avait des conséquences même pour La Réunion. Revoir les contrats d'approvisionnement en cours, pourraient faire peser le risque de pénurie de carburants. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Mais cette éventualité a été expliquée par le représentant de la SRPP lors de la réunion.
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La SRPP se retourne vers l'Etat
Par ailleurs, la SRPP avait plaidé durant la réunion pour une intervention de l’État sur le CEE (Certificats d’économies d’énergie), une composante intégrée au prix des carburants. Selon l’opérateur, un gel temporaire de ce dispositif permettrait une baisse immédiate de 11 centimes.
Mais, tour à tour, plusieurs participants ont mis en cause les pétroliers et leur manque d’effort dans la crise actuelle. Les députés Karine Lebon, Jean-Hugues Ratenon, les représentants de l’OPMR ainsi que Pierrick Robert, président de la CCIR, ont pointé la nécessité de davantage de transparence sur les coûts, les marges et les solutions immédiatement mobilisables.
Un ultimatum lancé par le préfet agacé par la situation
Dans les dernières minutes de la réunion, le représentant de la DEETS a suggéré que les opérateurs renoncent à leurs 9 centimes de marge, au moins pour un mois. Une proposition accueillie avec des sourires du côté des pétroliers.
Le préfet a alors haussé le ton et fixé un ultimatum, laissant jusqu’à 16h30 aux compagnies pour annoncer un geste. Plus tôt, il avait déjà lancé : « Votre dialectique est habile. Vous vous retranchez derrière l’État. Vous expliquez ici que vous ne pouvez rien faire. C’est inacceptable. » Il avait également averti : « Je ne mettrai pas un escadron de gendarmerie tous les matins, comme je l’ai fait lundi, pour protéger vos installations. »
Réunion la DEETS pour évoquer les prix et les marges
Faute d’accord immédiat, le représentant de l’État a finalement proposé une sortie de crise provisoire : l’organisation rapide d’une réunion technique à la DEETS. Dans un premier temps, seule la SRPP s’est montrée favorable à cette piste, tandis que les autres compagnies se sont révélées plus réservées. TotalEnergies a notamment indiqué ne pas disposer de mandat pour négocier sur place, une position reprise par les autres opérateurs. Après de nouveaux échanges, les pétroliers ont finalement accepté le principe d’une réunion collective consacrée à l’étude d’un possible lissage des prix. En parallèle, des rendez-vous individuels compagnie par compagnie doivent être organisés sur la question des marges, même si les opérateurs ont prévenu qu’il n’y avait, selon eux, que peu d’espoir d’avancées sur ce terrain.
De son côté, Huguette Bello a rappelé la seule proposition concrète mise sur la table à ce stade. La collectivité régionale avait annoncé la semaine dernière une aide supplémentaire de 5 centimes pour les professionnels, venant s’ajouter aux 10 centimes déjà actés, mais sous condition d’un engagement des pétroliers et d’une mobilisation plus large des acteurs publics. Elle a également lancé aux opérateurs : « Tous vos chiffres indiquent que vous êtes en mesure de faire un geste. J’en appelle à votre sens des responsabilités. »
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À l’issue de la réunion, aucune annonce concrète n'est ressortie. La pression reste maximale à quelques jours de la fixation des tarifs du 1er mai.


