Canne : vers un accord en “responsabilité”

Cette fois c’est (presque) la bonne. Après une semaine de négociations et une nouvelle réunion du CPCS (comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre) ce mercredi, un accord semble en bonne voie. S’il est entériné ce vendredi, la campagne pourrait démarrer la semaine prochaine.
Rendez-vous vendredi, même endroit mais pas à la même heure. Cette fois, les représentants des planteurs devraient se retrouver un peu plus tôt dans les locaux du CTICS, à la Providence, pour laisser le temps aux CMU (commissions mixtes d’usine) du Gol et de Bois-Rouge de décider des conditions de lancement de la campagne sucrière. Ce sera probablement en début de semaine prochaine, une fois les essais usines terminés, à condition que l’accord qui se dessine soit bien validé.
A la sortie de la réunion, son co-président côté industriel, Florent Thibault, directeur agricole de Téréos, se voulait confiant, évoquant un “projet d’accord unanime”, qui sera proposé à l'assemblée générale du CPCS ce vendredi matin. Un double objectif a été fixé : maintenir le montant de l’aide à la production versée aux planteurs sur la moyenne des cinq dernières années et compenser la forte baisse attendue des richesses cette année pour les planteurs du bassin de Bois-Rouge..
La semaine dernière cette chute de la richesse a été chiffrée en moyenne à 2,8 points sur la zone littorale du Nord-Est.
Un même “bonus” pour le Nord-Est
“Tous les planteurs qui livrent sur Bois-Rouge obtiendront deux points de richesse, soit 10 euros par tonne”, détaille l’industriel. Un système plus lisible que le précédent qui modulait le “bonus” selon les zones. Cette fois, les deux points s’appliqueront pour tous les planteurs du Nord et de l’Est, dans les bas comme dans les Hauts.
Téréos confirme dans le même temps qu’il versera un million d’euros qui seront fléchés vers une aide à l’intrant sur un total de trois millions d’euros habituellement prélevé sur le fond planteur. L’industriel rappelle être également “fortement impacté” par Garance, avec pour la première fois la crainte de passer sous la barre des 100 000 tonnes de sucres produites.
Une partie de l’enveloppe rendue disponible sur les fonds planteurs permettra de neutraliser en 2025 1 point de richesse pour les planteurs, qui resteraient en-dessous de 11,75 de richesse après le mécanisme du "bonus". L’autre partie de l’enveloppe rendue disponible permettra de neutraliser en 2024 2 points de richesse pour les planteurs inéligibles à l’article 9 de la convention canne, au titre de la calamité agricole, mais qui ont sollicité un rattrapage à 11,75, selon les propositions suivantes entérinées par le CPCS :

Le président de la CGPER, Jean-Michel Moutama, évoque un accord en “responsabilité” : “Il faut être responsable, il n’y a pas de sous à prendre ailleurs, Téréos ne mettra pas plus, ni l’Etat. Le seul moyen disponible est le reliquat planteur 2025”. Un reliquat de l’aide à la production dont on attend un nouveau “record” à l’issue de cette campagne. Il devrait dépasser les 12 millions d’euros. Environ 4,5 millions seront fléchés vers le Sud, 4 millions vers le Nord-Est et le surplus, un peu plus de 4 millions d’euros vers la compensation des basses richesses.
Un geste de “solidarité”
Le patron de la CGPER veut voir un geste de “solidarité entre planteurs, s’il y a ce reliquat c’est parce que la zone Est est impactée. Sans cela on n’aurait pas ce niveau, il faut jouer cette solidarité, le Sud a été moins impacté, même s’il y a eu la sécheresse, mais les compensations seront là”.
Le président des Jeunes agriculteurs, Guillaume Sellier, va dans le même sens : “On a fait le nécessaire pour ne vexer aucune zone et trouver la solution la plus équitable possible”. L’objectif fixé par les syndicats est qu’un minimum de planteurs se retrouve “redevable” en fin d’année de l’avance versée tout au long de la campagne par l’industriel.
Le patron de l’UPNA, Dominique Clain, précise que chaque syndicat doit désormais se retourner de nouveau vers sa base avant d'entériner ou non cet accord. S’il reste opposé sur le fond à l’utilisation des reliquats des planteurs pour compenser les basses richesses, comme les autres syndicats, le planteur de Sainte-Rose reconnaît la difficulté de débloquer des fonds ailleurs, de la part de l’Etat notamment.
Sauf revirement de situation, la campagne pourrait démarrer la semaine prochaine.


