CAF’ECO n°211: « L’expérimentation animale»

La vivisection est une pratique millénaire. Dans notre société occidentale en particulier de plus en plus de voix s'élèvent contre des pratiques jugées inutiles pour la science et souhaitent une abolition des tests sur les animaux quelle que soit la raison de ces tests.
Que recouvre aujourd'hui la vivisection ? A quoi sert-elle et existe-il des moyens de se passer de l'expérimentation animale? C'est à ces questions simples et complexes que nous souhaitons vous donner à réfléchir pour que vous puissiez vous faire votre propre jugement.
La première partie est dédiée à quelques chiffres afin de bien appréhender l'importance quantitatif et qualitatif du problème : en bref combien d'animaux sont concernés par la vivisection et pour quel motif. Quels sont les pays et les secteurs qui ont le plus recours à cette pratique ?
La seconde partie de la conférence donnera les bases historiques et scientifiques qui permettront de mettre la question en perspective : nous aborderons d'abord la place de l'animal dans les textes religieux et en particulier dans la Bible, un des fondements du raisonnement occidental. Dans la Genèse l'animal apparait comme celui par qui la corruption arrive. Il est chassé du Jardin d'Eden et devient l'esclave de l'homme pour l'avoir trahi. Ainsi l'homme a tous les pouvoirs sur l'animal y compris celui de lui donner la mort pour se nourrir par exemple. Une place sera consacrée à une brève évocation du sacrifice animal. Avec le christianisme un véritable tournant s'opère : alors que dans l'antiquité l'animal est un intermédiaire entre l'homme et son Dieu, le christianisme invente le sacrifice du Dieu et non plus le sacrifice au dieu. L'animal y perd son caractère sacré.
Dans un second temps, nous ferons une brève histoire de la vivisection. Car la question est loin d'être une question récente. Elle est une question politique importante depuis le XIX siècle, époque où la vivisection s'impose comme méthode de "travail" et de compréhension. Déjà à l'époque beaucoup d'hommes et surtout de femmes dénoncent cette pratique symbole d'un monde ou l'homme domine sans concession. C'est donc un combat pour l'émancipation et la libération qui s'est joué à cette époque alors même que les découvertes de Darwin n'étaient encore pas connues du grand public. Darwin et bien d'autres il en sera question dans le chapitre suivant.
Que savons-nous aujourd'hui de ce qui est le propre de l'homme ? Du propre de l'homme il ne reste quasi rien : ni l'altruisme, ni la politique, ni la stratégie n'échappent au comportement animal. Mieux dans toutes les recherches modernes l'animal devient singulier c'est à dire unique et non plus simplement mû par un instinct d'espèce. Et si l'animal était une personne ?
La troisième partie sera consacrée à un développement de la compréhension du modèle animal comme objet d'étude. La vivisection pose en effet presque comme axiome que ce qui est découvert chez l'animal dans un laboratoire est transposable d'une façon ou d'une autre chez l'homme dans son milieu habituel de vie. Pourtant une critique simple de cette idée permet de remettre en question la théorie même de l'utilité de la vivisection.
Dans la quatrième partie les problèmes éthiques simples induits par cette pratique seront discutés. Existe-il aujourd'hui une base éthique pour la poursuite de la vivisection ? la bienveillance, la non malveillance et la solidarité seront successivement et brièvement interrogées. Enfin la cinquième et dernière partie sera la conclusion générale de la conférence : que nous apprend la vivisection sur nous-même ?
Pour aller plus loin : www.aid97400.re


