Budget 2026 : Bayrou prêt à supprimer deux jours fériés pour financer les économies

À quelques minutes de sa conférence de presse, François Bayrou envisage de supprimer deux jours fériés pour alléger les finances publiques. Une mesure symboliquement forte, censée rapporter plusieurs milliards d’euros, mais politiquement risquée.
C’est l’un des arbitrages les plus sensibles du plan d’économies de 40 milliards d’euros que François Bayrou doit dévoiler ce mardi à 16 heures (métropole). Le Premier ministre serait désormais favorable à la suppression de deux jours fériés, sans en préciser pour l’instant la nature exacte, selon Le Parisien et BFM TV. L’idée n’est pas nouvelle : son prédécesseur Michel Barnier y avait déjà songé, avant d’y renoncer face au tollé politique. Cette fois, le scénario semble bel et bien retenu par Matignon, sauf revirement de dernière minute.
D’après un rapport sénatorial publié en septembre 2024, la suppression d’un jour férié rapporterait 2,4 milliards d’euros à l’État chaque année. En en supprimant deux, le gouvernement espère ainsi dégager près de 5 milliards d’euros – soit plus de 10 % de l’objectif global fixé par Emmanuel Macron. Une façon, pour François Bayrou, de répondre à l’exigence présidentielle sans toucher davantage aux prestations sociales ou aux retraites, déjà évoquées comme pistes de coupes possibles.
La mesure évoque forcément un précédent : celui du jour de solidarité instauré en 2004 par Jean-Pierre Raffarin, à la suite de la canicule meurtrière de 2003. Généralement fixé au lundi de Pentecôte, ce jour travaillé mais non rémunéré rapporte aujourd’hui plus de 3 milliards d’euros par an pour financer des actions en faveur des personnes âgées et handicapées. Le dispositif, après avoir suscité de nombreuses polémiques, a fini par s’installer dans le paysage.
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