Blanc et Joyandet retrouve leur siège de député sans élections
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La constitution de la Vème république avait mis fin à une vielle règle consistant à permettre au ministre démissionnaire du gouvernement de retrouver leur siège de député. Cette pratique contribuait, en plus du mode de scrutin à la proportionnelle, à l’instabilité gouvernementale qui caractérisait la IVème République. En effet, en retrouvant automatiquement son siège de député, un ministre avait moins d’intérêt à promouvoir la stabilité du gouvernement et pouvait rompre à tout moment la solidarité ministérielle. Le Général de Gaulle était revenu sur cette règle et avait logiquement imposé aux anciens ministres de repasser devant le suffrage universel pour retrouver leur siège. Ceci avait au moins le mérite de souder l’action des ministres et imposait une plus grande solidarité. Enfin les électeurs pouvaient également émettre un jugement sur l’action du ministre si celui-ci revenait vers eux pour retrouver son siège.
Mais en Sarko-France décomplexé avec l'argent, le pouvoir et le profit, la culture du résultat ou l'avancement au mérité c'est bien, mais surtout pour les autres. La loi dite du paquet électoral, voulue par notre Sarko Ier, voté en décembre 2008, permet aux ministres qui perdent leur portefeuille de retrouver automatiquement leur siège de député, de sénateur ou d'eurodéputé, dans un délai d'un mois après leur départ. Auparavant, les ministres sortants devaient attendre la démission de leur suppléant et une élection partielle pour éventuellement retrouver les bancs de l'Assemblée.
Cela facilitera sans doute la tâche des deux anciens secrétaires d'État car je doute qu’ils parviendraient à se faire ré-élire de nouveau dans un tel contexte s’ils le souhaitaient. La campagne serait terrible et ne manquerai pas d'être agrémentés, à juste titre, par les cigares, les jets privés et autre vrai-faux permis de construire... Mais la nouvelle règle les en exonère.
Et c’est bien pour cela que cette loi n’est pas juste car il s’agit bien d'une prime aux plus mauvais, à ceux qui quittent le gouvernement sur un scandale ou une réforme ratée. Le président, qui voulait remettre le mérite au cœur de tout, se retrouve à récompenser la médiocrité plutôt que le bon travail.
Pour l'heure ni Blanc ni Joyandet n'ont rien dit de leur intention. Rappelons que Joyandet est Maire de Vesoul et élu au conseil régional de Franche-Comté. Christian Blanc est élu des Yvelines sous l'étiquette Nouveau centre, il est remplacé à l'Assemblée nationale par sa suppléante Colette Le Moal depuis son entrée au gouvernement au printemps 2008. Christian Blanc, est par ailleurs ancien préfet et ex-PDG de la RATP et d'Air France.
Aucune démission annoncée en ce qui concerne leurs mandats locaux. En France un ministre qui dilapide l'argent public à des fins personnelles peut continuer à exercer des mandats locaux sans aucun souci et retrouver son mandat de représentant du peuple sans plus de tracasseries.
Un ministre peut à la fois être celui de nos impôts, pourfendeurs des évadés fiscaux, trésorier du parti majoritaire et président de l'association des plus gros contributeurs, évadés fiscaux, (le club premium UMP) à la campagne du président de la République et faire ainsi la collecte auprès des grandes fortunes parmi lesquelles une milliardaire au service de laquelle travaillait son épouse...
L’argumentaire ahurissant de Claude Guéant, au Figaro magazine est significatif : "Un honnête homme comme Éric Woerth ne songe pas à prendre des précautions parce que la tentation du conflit d’intérêt ne traverse même pas son esprit". Car, selon lui, "pour des gens honnêtes il n’y a pas de risque de conflits d’intérêts".
Car, selon lui, "pour des gens honnêtes il n’y a pas de risque de conflits d’intérêts".
Oui je sais je l'écris deux fois tellement c'est ENAURME.
Mais contrairement à ce que pense Claude Guéant, ce n’est pas pour les gens malhonnêtes qu’a été définie la notion de conflit d’intérêts ! C’est un concept forgé par des juristes pessimistes – ou réalistes - sur la nature humaine : il faut la protéger d’elle-même en lui évitant les tentations. Les situations sont considérées comme plus déterminantes que les intentions. Il ne suffit donc pas de se déclarer ou de se penser honnête pour l’être dans des situations soumises à des intérêts contradictoires.
En France, ceux qui se disent libéraux préfèrent se présenter comme de petits nietzschéens du conflit d'intérêts qui n'ont aucune inquiétude sur leur vertu: ils ne nient pas le mélange des genres, mais s'estiment très forts pour le contrôler eux-mêmes.
Heureusement, il est possible que la pression médiatique ne leur permette pas de retrouver leur siège. Mais avec Nicolas Sarkozy, sait-on jamais. Il est bien possible qu’on nous annonce un jour en catimini leur retour à l’Assemblée Nationale. Cela ne fera qu’un scandale de plus…
Pendant ce temps là en Grande-Bretagne on ne badine pas avec les deniers du contribuables, l'affaire des notes de frais des ministres et parlementaires ont aussitôt conduit à leur démission immédiate et pas plusieurs semaines après la découverte du pot aux roses. En Grande Bretagne, les mots de probité ou d'ascèse ne sont pas taxés par le parti au pouvoir de pure démagogie populiste et les journalistes qui font leur boulot ne sont pas traités de fascistes par le président du parti majoritaire.
Alors, aujourd'hui au JO, notre premier des ministres publie des circulaires sur l'exemplarité de l'état en la personne des membres du gouvernement et de leurs cours. Comme si être responsable et faire preuve de bon sens quand on est élu ou représentant de la nation, devaient faire l'objet d'une écriture légale. Comme si ces deux vertus se décrétaient par la voie de circulaires qui n'ont aucune force réglementaire par ailleurs.
Ces trois circulaires me permettent de revenir à une réalité plus locale par le biais de celle du 2 juillet 2010 relative à l'État exemplaire - instructions concernant les cabinets ministériels et les personnalités en mission. Je vous rassure nous restons toujours dans le giron UMPiste... mais péi.
La presse locale, hormis Le Quotidien qui y a consacré quelques lignes lapidaires sur son site internet, a complètement passé à la trappe la mission de notre député, président de région, président de CAsud, premier adjoint sans délégation du Tampon et donc en mission auprès du secrétaire d'État Novelli sur des questions de tourisme, j'ai nommé Didier Robert, représentant l'UMP à La Réunion. Rien d'illégale dans tout cela effectivement puisque la loi l'autorise mais au combien condamnable sur le plan éthique, que la situation économico-sociale désastreuse de notre département en temps normal, rajouter à la crise mondiale, ne font que renforcer.
Au terme du trois de cette belle circulaire, les rémunérations éventuellement octroyées par les ministres à des personnalités chargées d'une mission seront dûment encadrées et répondront à des règles communes et transparentes. Tout cela au futur sans délai de réalisation ou juste le temps que la tempête se calme. Ce qui signifie qu'en plus de toutes les indemnités et autres nombreux frais annexes pris en charge par l'argent du contribuable à raison de ses multiples mandats (repas, frais de déplacement, frais de représentation, voiture, téléphone, logement et autres emplois de collaborateurs, prêts bonifiés, doubles cotisations pour les retraites) que perçoit déjà M. Didier Robert, sa mission auprès du ministre lui offre d'autres indemnités et frais annexes, toujours avec l'argent de nos impôts.
Sur ce site, qui affiche son absence de partis pris, j'ai vu M. Pierrot Dupuy, transit d'admiration devant notre presque jeune édile branché djeunes de 46 ans quand même, poser la question de tous ces cumuls. Et notre djeune UMP péi de répondre sans complexe aucun, qu'il faut juger aux résultats dans les missions qu'il mène. Aucune réaction de M. Dupuy pourtant si prompt sur ces sujets avec Annette, Dindar, Lagourgue, Vergés et autres...
Cela vous rappelle t-il quelqu'un. Oui ? Non ? Peut-être?
Hé bien moi ça me rappelle un certain Nicolas Sarkozy. Certains le savent, les médias locaux notamment mais n'en parle pas: cumul arrangeant avec les lois sur les cumuls, cooptation des copains empêtrés dans les affaires judiciaires (Hamilcaro et ses maitresses), récompenses aux gens dit de gauche qui prennent publiquement position en faveur de l'UMP (Monica Govindin, Eric Magamotoo), postes stratégiques à des personnes soit notoirement incompétentes (Jean-Louis Lagourgue) ou soit pas du tout à leur place, des artistes (Jacqueline Farreyrol) et autres photographes (Gélabert) en mal de ventes, ou encore restaurateur en fin de course (Doki-Thonon) et Paulet Payet à la mairie du Tampon tel un gardien du fauteuil pour un retour aux bercail assuré. Dans quelques mois si Didier Robert poursuit sa mission auprès de Novelli La Réunion comptera une nouvelle députée, Mme Farreyrol, dame de 71 ans en retraite de la musique et de la culture. Tout cela est-il normal? M. Robert qui a toujours prétendu que les mandats n'appartenaient qu'au peuple n'est t-il pas en train de faire une OPA rempante sur ce que toute La Réunion compte en matière de postes et responsabilités politiques? A quand son chat nommé chargé de mission à la coopération régionale animale?
J'entend déjà les Didiolatres de notre jeune édile, lancer Vergés a fait pareil. Oui Paul Vergés a fait pareil et on a vu où cela l'a mené. Mais de la part d'un jeune qui dit réincarner le renouveau politique, les Réunionnais étaient en droit d'attendre autres choses que la vielle soupe de faux communistes vrais capitalistes affairistes népotiques de M. Paul Vergés.
Bienvenue dans l'ère de la Sarkozie, bienvenue à l'UMP, bienvenue dans Robertland.


