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Autonome ?

Un syndicat vraiment autonome ?
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 15 avril 2010 à 09H41

L'univers syndical réunionnais est particulier, il y a ceux qui sont sous la coupe d'un parti politique, pas la peine de les pointer du doigt ils se reconnaîtront, et il y a ceux qui crient leur indépendance, leur autonomie.

Autonomie est un bien joli mot vidé de son sens par le premier syndicat de la fonction publique territoriale de la Réunion. Il est bien loin le temps des combats pour la justice sociale, où l'on attaquait aux prud'hommes quiconque bafouait les droits des fonctionnaires ou contractuels de la territoriale. Aujourd'hui, et même si il y a encore des dossiers en instance, les délégués préfèrent la politique.
L'anecdote est significative: lors d'une réunion récemment, un délégué du Sud s'offusque que son organisation ait demandé l'invalidation du comité qui enclenche le projet Tram train à la Région.
" C'est de la politique, dit-il, nous on fait du syndicat et je ne suis pas d'accord qu'on attaque sur ce terrain là. Mais ce n'est pas à moi de dire ça, pourquoi les délégués de la Région ne disent rien? Moi si on attaque comme ça mon patron je serai contre." -Bien sur les propos ont été adoucis et à peine modifié pour les rendre plus compréhensible- Quoi ? Mais cette intervention est pleine de contre sens me direz vous, il faudrait défendre le patronat, est-ce la pancarte du Medef qui est accrochée 34 rue Saint Philippe ?

Prenons un autre exemple : une fervente syndicaliste, spécialisée dans l’insertion (des personnes en difficultés je précise, pas de diffamation hein ?) utilisa ses journées de décharges syndicales pour… faire de la politique. Elle vient d’ailleurs d’être élue au conseil régional, cela faciliterait peut être certaines choses pour le combat syndical (sic !) Mais elle n’est pas seule bien sûr : pendant cette même campagne des Régionales on a retiré sa délégation à l’ombre d’un élu de l’Est de l’île, qui lui utilisait ses heures non pas à monter des dossiers pour défendre les employés, mais à démonter l’union de la majorité présidentielle. Et ce n’est pas tout combien sont-ils ayant la double carte UMP-SAFPTR ? Au détour d’une visite présidentielle on pu remarquer ici un coordinateur, là un metteur en scène ou encore un autre bras droit d’ancien premier magistrat d’une commune du sud dont le nom rappelle un grand roi mais qui n’a pas eu de bon maire depuis belles lurettes.

Au travers des différents commentaires que l’on peut lire sur les sites d’information réunionnais, beaucoup dénoncent l’appartenance de ce syndicat à la droite local ; pourtant le premier responsable est tout sauf de droite. Il est persona non grata à Saint Pierre. Pour autant il est l’un des seuls à défendre ardemment le peu d’indépendance qu’il reste dans cette organisation. Mais au vu des récentes actions, tout pousse à croire que ce syndicat est dirigé par l’UMP étant donné que toutes les actions sont menées contre des communes communistes.

Ceci étant dit, l’adage dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés, alors le comble pour un syndicat c’est bien de licencier un de ses employés. C’est ce qu’a fait ce syndicat, et non pas pour faute, ce qui serait convenable, mais pour des raisons obscures. On ne sait pas très bien si des difficultés financières sont en cause, ou bien si l’ambiance générale qui règne au siège en est un bon prétexte. La direction a changé il y a peu, la trésorière et le secrétaire général ont été nouvellement nommés. La communication a du mal à passer, ce qui fait que personne ne fait plus le boulot qui lui incombe. Donc le seul employé, qui réside dans le Sud, se voit confier toutes sortes de taches qui vont des déclarations sociales à la convocation aux réunions en passant bien sûr par la récolte des cotisations. Toutes ces taches administratives sont de son ressort, cependant est ce que tout peut reposer sur les épaules d’une seule personne ? De plus tant que son contrat ne coûtait pas grand-chose aucuns problèmes ne venaient entacher les relations dans le travail. Depuis moins d’un an la précarisation de son contrat n’était plus à l’ordre du jour, un contrat tout neuf à durée indéterminée lui avait été signé ; et là… c’est le drame. Comment un syndicat digne de ce nom peut il se permettre d’une part de mettre en vitrine les contentieux contre les collectivités qui précarisent leurs employés et d’autre part enfoncer dans la précarité justement son seul et unique employé.

Le but de ce billet n’est autre que la dénonciation pure et simple de situations qui sont tout bonnement inadmissibles. Comment peut-on croire encore au syndicalisme lorsque celui-ci ce situe au sein des institutions qui par essence dépendent des politiques et donc empêchent toute autonomie des dits syndicats. Déjà qu’en temps normal ces groupes syndicaux n’ont plus la cote, cet état de fait poussera je l’espère à une alternative : un changement radical de la ligne directrice, ou la diminution sévère du nombre de ses adhérents. Car en fait que peut un syndicat pour les employés territoriaux alors qu’il ne peut rien pour ses propres salariés

Les différentes situations ubuesques se déroulant dans cette organisation sont trop longues à décrire, sont trop complexes à expliquer au quidam. Mais il est vrai que les coutumes réunionnaises sont ce qu’elles sont, la politique est gangrenée par le copinage et la prise illégale d’intérêt, il est normal dès lors que l’autre coté de la médaille qu’est le syndicalisme le soit aussi.

 

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