Après la crise… Il faudra disloquer les multinationales. Ou alors, on accepte de crever sans rémission !

Pas besoin de sortir de Polytechnique pour comprendre qu’après la crise du Covid-19, notre monde ne sera plus le même. Mais comment sera-t-il ? Meilleur ? Pire ? Les gens sont comme les broncos ou les pigeons ; ils n’ont pas de mémoire. Regardez les pigeons, les mouches aussi : Vous les chassez, ils s’envolent et se reposent aussitôt… au même endroit.
Pour la race humaine, c’est du pareil au même : les puissants qui nous gouvernent nous ont entraînés dans le mur depuis 50 années et plus. Faisant plein pot le jeu des multinationales, ils ont enrichi 2% de la population et enfermé les autres dans la précarité sinon la misère. Pourtant, c’est à ces mêmes fauteurs de désastres que l’on continue de confier le soin de diriger le monde. Demander à la Brinvilliers un contre-poison. « Y’a comme un défaut », disait l’ami Fernand.
En ce moment, on assiste à un déferlement d’actes de courage et d’abnégation. Le personnel médical, médecins, infirmiers, aides-soignants, brancardiers, ambulanciers et tous les autres, se dévouent sans compter ; et les pompiers, policiers, gendarmes, maraichers, boulangers, et tant d’illustres inconnus, tous, modestes, bénévoles, armés de leur seul courage, se mettent au service de tous. Mettant du même coup leur existence en péril. Pourquoi ? Parce qu’il y a une valeur essentielle qui s’appelle l’humanisme, voilà pourquoi. Vous savez pourquoi Hugo a titré son immense chef-d’oeuvre « Les Misérables » ? Parce que le mot a DEUX sens : les misérables souffrant mille morts, et les misérables profiteurs, les salauds. Nous sommes dans un monde de misérables. L’abbé Pierre, Jésus, Martin Luther King ou mère Térésa, doivent s’en retourner dans leur tombe. « Nous avons donc donc tout fait pour rien ? »
Ce boulanger de Saint-Pierre qui fabrique moins de pains mais va les vendre devant les immeubles de Basse-Terre, il faut le décorer, ce mec. Comme ce fabricant de repas à emporter de La Trinité qui a perdu 75% de ses clients mais continue de proposer ses plats (succulents, au demeurant) parce que « il y a des gens qui ont besoin et que je ne veux pas mettre mes employées au chômage ». C’est cette vieille dame de l’Est qui a choisi de se confiner chez une mamie impotente « parce qu’elle a besoin de quelqu’un »… Des exemples comme ça, il y en a à la pelle. Ça me tire des larmes d’en parler.
On peut quand même citer quelques grosses entreprises qui font des dons importants en faveur du corps médical ou des plus démunis. Telle chaîne de distribution alimentaire donne quelques centaines de milliers d’euros. Une très petite association humanitaire du Port appelle ses participantes à fabriquer des masques : toutes ont répondu présentes. Sans contrepartie.
Question : avez-vous entendu dire qu’une seule très grosse société multinationale ait fait un geste, même minime, pour apporter son soutien ? Aucune ! Toutes, elles attendent, tapies dans l’ombre comme des hyènes, que la situation redevienne comme avant pour recommencer à nous pressurer.
Si, après la crise du coro-machin, une autre crise, encore plus grave, doit survenir, ce sera bel et bien une révolution… à l’échelle mondiale. Car à quoi sert de vivre (et encore, « vivre », disons exister tout au plus) ; à quoi sert de vivre si c’est pour engraisser encore plus ceux qui font périr les 3/4 de la planète de faim et de maladie ?????
Il y a un exemple que je cite souvent. Dans les années 60/70, un ouvrier spécialisé de chez Renault était « un monsieur ». Un grand monsieur, hyper-qualifié, respecté, bien rémunéré. La valeur-fric n’avait alors pas encore supplanté la valeur-travail. Il pouvait s’offrir un appartement, une voiture, élever sa famille, envoyer ses enfants à l’Université. Aujourd’hui, il survit en CDD. Le planteur d’oignons de Petite-Île trimait mais recueillait les fruits de son travail. Aujourd’hui, il ne peut plus lutter contre les aulx d’importation, moins bons, dix fois plus chers, au goût de savonnette Cadum.
Ce n’est pas la peine d’avoir soi-disant peaufiné une civilisation pour en arriver à ÇA !
Bon, j’arrête ici. Je vais encore me faire des amis, je sais. Mais j’ai l’habitude et il y a des choses que je ne peux garder pour moi.
« Debout, les damnés de la Terre ! »… « Aux armes, citoyens ! »…


