Après Garance, l'économie réunionnaise dans le dur

L’activité recule, l’emploi se dégrade, les entreprises reportent leurs projets : le premier trimestre 2025 démarre dans le rouge selon l'IEDOM. Le cyclone Garance a pesé lourd dans la balance, mais pas seulement.
L’indicateur du climat des affaires tombe à 89,2 points au premier trimestre, selon l'Institut d'émission des départements d'outre-mer. C’est 4,4 points de moins qu’en fin d’année 2024, et surtout bien en-dessous de la moyenne de long terme (100). Un chef d’entreprise sur deux affirme que son activité a été affectée par le cyclone Garance. Pour 63 % des répondants, les pertes de chiffre d’affaires sont au moins équivalentes à celles enregistrées lors du passage de Belal. Selon France Assureurs, les dégâts s’élèveraient à 379 millions d’euros, soit près de quatre fois plus que pour Belal.
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Les effets se répercutent sur l’emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A augmente de 4,4 % en trois mois, atteignant 120 310 personnes. Les intentions d’embauche chutent : -7,8 % de prévisions de recrutement en 2025 par rapport à l’an dernier, selon France Travail. Dans le détail : -25 % dans le BTP, -13,7 % dans l’industrie, -12,3 % dans le commerce. Les effectifs baissent dans presque tous les secteurs, en particulier les services, où les niveaux sont au plus bas depuis dix ans.
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Côté consommation, le redémarrage attendu n’a pas eu lieu. L’inflation reste sous les 2 % (+1,4 % sur un an), mais la circulation fiduciaire recule (-4 %) et le nombre de dossiers de surendettement explose (+15,6 %). Le nombre de cas dépasse de 57 % ceux enregistrés en 2019, dernière année avant la crise sanitaire.
Les perspectives d’investissement sont à l’arrêt. Le solde d’opinion des chefs d’entreprise tombe à son plus bas niveau depuis la crise Covid, hors 2020. Les transactions immobilières chutent de 7,4 % sur le trimestre. Les défaillances d’entreprises augmentent de 20,1 % à fin février.
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Le commerce reste dégradé, même si le repli est moins marqué qu’en 2024. L’industrie poursuit son recul. Le BTP fait figure d’exception avec un léger rebond de l’activité (+1,8 % de logements mis en chantier), mais les autorisations reculent et les carnets de commandes stagnent.
Le tourisme remonte légèrement : +1,1 % de nuitées hôtelières, mais 64 % des professionnels déclarent avoir été affectés par Garance. Les reports de séjour se sont multipliés.


