Angélique Payet explore l’humanité dans un futur post-pandémique avec sa trilogie “Un jour sera demain”

Avec La fin de l’ancien monde, premier tome d’une trilogie d’anticipation, Angélique Payet imagine une humanité fragilisée mais pas condamnée. Entre pandémie, dérive sociétale et intelligence artificielle, son roman propose un regard singulier : et si la technologie devenait finalement l’outil pour retrouver ce qui nous rend humains ?
Chez Angélique Payet, l’anticipation n’est pas une fuite vers l’imaginaire mais une manière d’interroger le présent. La fin de l’ancien monde naît directement des secousses récentes.
« Je suis partie du Covid (…) je suis partie d’une réalité pour arriver dans le futur », explique-t-elle.
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La pandémie fictive qu’elle imagine n’est pas seulement un décor dramatique. Elle sert à observer ce qui, selon elle, vacille déjà : les solidarités, le sens collectif, la capacité de l’humanité à préserver son propre équilibre.
Dans son roman, l’effondrement n’est pas seulement sanitaire ou économique. Il est moral, relationnel, profondément humain. « On oublie de sauver ce qui est le plus essentiel : c’est l’être humain », insiste l’auteure.
L’intelligence artificielle comme alliée inattendue
C’est là que son livre prend un virage inattendu. Là où beaucoup redoutent la domination technologique, Angélique Payet propose un contre-récit. « Tout le monde dit que l’intelligence artificielle va nous déshumaniser (…) moi je montre qu’au contraire elle pourrait nous permettre de retrouver notre humanité. »
Dans sa vision, l’IA n’efface pas l’homme. Elle l’accompagne, l’aide à mieux gérer ses ressources, ses besoins, ses choix. Une sorte de garde-fou face à nos propres excès.
Cette perspective tranche avec les dystopies classiques. Elle place la responsabilité ailleurs : non pas dans la machine, mais dans l’humain lui-même. « Il faut remettre l’être humain au cœur du sujet, il faut le protéger de tout… et de lui-même surtout. »
Au fil du récit, ce sont aussi les femmes qui jouent un rôle central dans cette reconstruction, comme un symbole d’équilibre retrouvé.
Un parcours professionnel qui nourrit l’écriture
Si son roman semble ancré dans l’actualité, ce n’est pas un hasard. Avant de publier, Angélique Payet a longtemps évolué dans les arcanes du pouvoir. Ex-directrice générale de plusieurs groupes dans les secteurs de la production audiovisuelle, du sport automobile ou encore de la communication de crise, elle a conseillé des personnalités publiques, organisé des événements d’envergure ministérielle, et orchestré des campagnes stratégiques à l’international.
« J’ai beaucoup travaillé dans l’ombre du pouvoir », confie-t-elle. Une expérience qui lui a donné, selon ses mots, « une clairvoyance, une prise de conscience ».
"Quand on est dedans, on n'a pas de recul, on ne comprend pas. Puis, une fois qu'on n'y est plus, par contre, c'est un peu comme une caméra qui fait un travelling. Vous reculez la caméra et l'angle s'agrandit au fur et à mesure. Vous voyez non plus un point de détail, mais vous voyez l'ensemble des choses. Là, vous vous dites, on ne peut pas continuer comme ça, on ne peut pas laisser les choses."
Cette distance nourrit aujourd’hui son écriture. Elle y transpose ses interrogations sur les choix politiques, économiques et sociétaux, mais aussi sur les conséquences concrètes pour les individus.
Son roman devient alors un espace de réflexion plus qu’un simple récit d’anticipation. Une invitation à reprendre en main nos modes de vie, nos choix alimentaires, nos habitudes collectives.
« Je ne suis pas là pour faire la révolution, je veux juste que les gens se réveillent », résume-t-elle.
Elle revendique aussi une identité plurielle, héritée d’origines diverses entre La Réunion et l'Hexagone, tout en se définissant volontiers comme « une salade de fruits », un métissage culturel qui irrigue son regard et ses personnages.
Premier volet d’une trilogie annoncée, La fin de l’ancien monde ouvre ainsi une réflexion sur l’avenir, mais surtout sur la manière dont nous choisissons — ou non — de préserver notre humanité.
Des rencontres avec ses lecteurs
L’auteure ira à la rencontre du public réunionnais lors de plusieurs séances de dédicaces :
– 18 février, librairie Autrement à Saint-Pierre (15h-18h)
– 19 février, librairie Autrement à Saint-Denis (15h-18h)
– 20 février, librairie Gérard (15h-18h)


