Agression à la prison du Port : les surveillants pénitentiaires en colère bloquent l’établissement

Un surveillant grièvement blessé, les gardiens réclament le transfert immédiat du détenu violent.
L’ambiance est tendue ce lundi matin à l’entrée de la prison du Port, à La Réunion. En réaction à une violente agression survenue la veille, les surveillants pénitentiaires ont décidé de bloquer l’accès à l’établissement. Dimanche soir, un détenu a gravement blessé un gardien de prison. La principale revendication du mouvement de ce matin est le transfert de ce détenu hors du département .
L'agresseur, multi-récidiviste agresseur de surveillants aux troubles psychiatriques, est en attente de transfert dans une unité spécialisée de métropole depuis mars 2024. Il avait déjà été condamné il y a quelques semaines pour l'agression de surveillants aussi bien à Domenjod qu'au Port.
En guise de protestation, les surveillants ont mis en place un barrage à l’entrée du centre pénitentiaire dès l’aube. Ils exigent notamment le transfert du détenu à l’origine de l’agression vers un autre établissement, estimant que la sécurité des agents n’est plus garantie.
"Nous n’avons pas à La Réunion, et en outre-Mer en général, de structures adaptées pour les détenus à lourd profil psychiatrique. Et cette énième agression illustre une nouvelle fois les carences ultra-marines dans ce domaine", fustige Vincent Pardoux, représentant syndical de FO pénitentiaire.
Et d’ajouter: "Ce détenu a commis plusieurs agressions de gardien de prison. C’est lui qui avait coupé très fortement l’un d’eux avec une lame. Maintenant, ils vont sans doute accélérer son transfert prévu depuis mars 2024 dans un établissement pénitentiaire psychiatrique de Château-Thierry, mais cela ne résoudra pas le problème des autres détenus comme lui. Il faudrait ici une unité hospitalière spécifiquement aménagée."
Vincent Pardoux rappelle encore "le ras-le-bol des collègues confrontés à cette violence de plus en plus fréquente de la part de détenus très problématiques".
Les autorités pénitentiaires n’ont pour l’instant pas réagi officiellement à cette mobilisation.


