AESH : une victoire pour plusieurs familles, mais encore plus de 1 000 enfants sans accompagnement à La Réunion

Après des mois de mobilisation et plusieurs décisions de justice favorables, le collectif Les Enfants Invisibles 974 salue les premières affectations d’AESH dans plusieurs écoles de l’île. Mais il alerte : la situation reste critique, avec près de 600 élèves toujours sans accompagnement.
C’est une victoire symbolique pour plusieurs familles réunionnaises. Ce lundi 3 novembre, leurs enfants en situation de handicap ont enfin été accompagnés par un(e) AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), après des mois de bataille judiciaire. Une avancée obtenue grâce aux décisions du tribunal administratif, que le rectorat de La Réunion a cette fois respectées. « Quand c’est bon, il faut le reconnaître », souligne le collectif Les Enfants Invisibles 974, qui dit saluer « l’engagement du Rectorat » tout en restant « extrêmement vigilant » sur les suites de ces affectations.
« L’Éducation nationale ne peut plus ignorer »
Selon le collectif, certaines des AESH déployées ce lundi font partie de nouveaux recrutements liés directement aux jugements rendus. Mais malgré ces progrès, le constat global demeure préoccupant : environ 9 % des élèves en situation de handicap – soit près de 600 enfants – n’ont toujours pas d’AESH attitré. D’autres disposent d’un accompagnement partiel ou mutualisé, parfois en contradiction avec les notifications officielles, tandis que certaines AESH absentes ne sont pas remplacées. « Au total, plus de 1 000 enfants sont aujourd’hui non accompagnés ou très peu accompagnés », alerte le collectif, qui parle d’une situation « que l’Éducation nationale ne peut plus ignorer ».
Le groupe de travail mis en place par le rectorat, associant services, associations et collectifs, poursuit ses analyses pour affiner le diagnostic. Le collectif reconnaît « un énorme travail réalisé » permettant d’identifier les besoins et de proposer des pistes concrètes, notamment la création de nouvelles classes spécialisées pour absorber la hausse constante du nombre d’élèves concernés.
Autre enjeu majeur : la formation du personnel éducatif. Le collectif estime que « des enseignants formés et sensibilisés au handicap sont un atout essentiel », mais prévient que les effets de ces formations ne se feront sentir qu’à moyen terme. D’où l’urgence, selon lui, de renforcer les moyens dès cette année. Car les projections font état d’une hausse de 8 à 9 % du nombre d’élèves en situation de handicap à la rentrée prochaine, alors que les recrutements d’AESH devraient, eux, rester stables.
« Nous ne demandons pas une AESH derrière chaque enfant, mais des solutions concrètes et immédiates », martèle le collectif, qui dit refuser « de nouvelles promesses sans moyens ». Les associations et familles entendent maintenir la pression, rappelant que « chaque enfant compte, chaque accompagnement est un droit, pas une faveur ».
Le collectif Les Enfants Invisibles 974 appelle ainsi à la poursuite de la mobilisation de tous les acteurs, élus et citoyens confondus, pour faire de l’éducation inclusive une réalité à La Réunion, et non un simple principe.


