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Adolphe Le Roy, le romantisme créole à l’honneur au musée Léon Dierx

Ecrit par N.P. – le mardi 25 novembre 2025 à 07H39

Le Département célèbre le peintre réunionnais Adolphe Le Roy à travers l’exposition Aurore & Crépuscule. Une redécouverte d’un artiste du XIXᵉ siècle dont les paysages oscillent entre lumière et mystère.

Le musée Léon Dierx met en lumière l’un des grands noms de la peinture réunionnaise du XIXᵉ siècle. L’exposition Aurore & Crépuscule, inaugurée le 21 novembre, rend hommage à Adolphe Le Roy, figure emblématique du romantisme créole. Né à Saint-Denis en 1832, le peintre appartient à une bourgeoisie dionysienne en pleine expansion à l’époque du sucre et de la modernisation coloniale. Comptable et agent de change de profession, il parcourt l’océan Indien – de Madagascar à l’Inde – tout en cultivant sa passion pour les arts. Autodidacte, il s’impose par une vision poétique et contrastée de son île, faite de paysages lumineux ou ténébreux, où l’homme s’efface devant la nature.

Cette rétrospective marque aussi la reconduction, pour dix ans, du dépôt d’œuvres accordé par la famille de Gaston Chatel au Département. Trois toiles et deux œuvres sur papier, prêtées par des collectionneurs privés, viennent enrichir la collection, aux côtés d’une miniature récemment acquise représentant les Trois Salazes. Une vingtaine de dessins, encres et aquarelles, jamais présentés au public, sont également exposés dans une alcôve dédiée.

Peintre du relief et des brumes, Adolphe Le Roy s’attache aux paysages des Hauts : Salazie, Cilaos, le Brûlé ou Hell-Bourg, où il traduit les forces de la nature dans une esthétique romantique rare sous les Tropiques. Ses œuvres, exposées à Paris lors de l’Exposition universelle de 1878, mêlent douceur et mystère, loin des couleurs éclatantes que l’on associe souvent à La Réunion. Décédé en 1892, l’artiste laisse derrière lui une quarantaine de toiles et d’aquarelles, conservées pour la plupart au musée Léon Dierx et chez des collectionneurs privés.

À travers cette exposition, le Département et le musée offrent au public l’occasion de redécouvrir celui que Louis Ozoux décrivait comme « le plus grand parmi les peintres réunionnais du XIXᵉ siècle », un témoin sensible de l’histoire et des paysages de son île

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