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Accident mortel à l’Étang-Salé : « Cette petite fille est tous les jours avec moi »

Une femme a été reconnue coupable d’homicide involontaire pour avoir mortellement percuté une fillette de 2 ans à l’Étang-Salé en décembre 2021. Les débats et auditions ont permis de comprendre que l’accident était inévitable. Ayant reçu le pardon de la famille, la conductrice a également été dispensée de peine par le tribunal.

Ecrit par 1776023 – le vendredi 26 août 2022 à 11H07

Le 11 décembre 2021, un drame endeuillait l’Étang-Salé. La petite Illona, 2 ans, était mortellement percutée par une voiture dans la rue Motais de Narbonne au niveau du littoral. La fillette avait échappée deux minutes à la surveillance de sa tante qui nourrissait son mari porteur de handicaps. Alors que l’enfant était assise sur la route dans un virage, la conductrice ne l’avait pas vue.

La seule témoin directe de la scène confirme qu’il n’était pas possible pour la conductrice de voir la fillette. Elle indique également que la quarantenaire roulait à très basse vitesse. Les analyses toxicologiques confirmeront que Sandrine* n’avait pas bu ni consommé de stupéfiants. Elle n’avait même pas mis de musique puisque sa fille, alors âgée de 3 ans, dormait dans la voiture. Son tort est d’avoir été dans cette rue pourtant limitée d’accès par un arrêté communal depuis quelques mois.

Comme lors de sa garde à vue, c’est dans un flot ininterrompu de larmes que la prévenue revient sur ce moment fatidique. « Quand j’ai entendu un bruit, j’ai pensé que j’avais roulé sur une branche. Je ne pouvais pas imaginer que c’était quelqu’un. Je n’ai absolument rien vu. Vous pensez bien que je me serais arrêté », sanglote-t-elle.

Rongée par les remords

La prévenue explique comment elle est rongée par les remords depuis ce moment. « Cette petite fille est tous les jours avec moi. Je vois son visage constamment. J’y pense dans chaque petit geste de ma fille et je pense à ses parents qui ne l’ont plus », exprime-t-elle avant de souligner qu’elle n’est pas la seule traumatisée. « Ma fille me demande pourquoi j’ai écrasé la petite fille. Elle me demande parfois comment elle va. Elle reproduit la scène avec ses jouets », explique-t-elle douloureusement.

Très croyante, la famille d’Illona estime que ce qui s’est passé était inévitable. Les parents d’Illona n’ont pas porté plainte et ne se sont pas constitués parties civiles. Ils ont même laissé leur numéro à Sandrine, qui les appelés après quelques jours de réflexions. « C’était surréaliste comme conversation. C’était le père qui me remontait le moral. Il me disait que c’était la volonté de Dieu et qu’Illona était à présent au paradis », raconte-t-elle à la barre.

Une douleur qu’a parfaitement ressentie la procureure Caroline Calbo. « Ces dossiers sont toujours difficiles. C’est un drame pour la famille et la conductrice qui portera à vie ce fardeau. La seule faute est d’avoir conduit dans cette rue interdite », précise la parquetière avant de requérir une peine de 6 mois de prison avec sursis. Elle a également conseillé à Sandrine de se tourner vers la justice restaurative, qui consiste à faire dialoguer les victimes et les auteurs des faits.

Me Nathalie Cintrat évoque également « un dossier douloureux. On a tous compris qu’il n’y avait pas de vitesse, pas d’alcool, pas de stupéfiants et même pas de musique. On a un comportement dans la norme, elle n’avait juste pas à être là. Sur le plan psychologique, elle est en détresse ».

Le tribunal a reconnu Sandrine coupable, mais a prononcé une dispense de peine à son encontre.

*Prénom d’emprunt

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