A propos des requins : la leçon des Seychelles

Le ministre seychellois du tourisme était chez nous pour le rétablissement de la ligne aérienne directe entre ses îles et la nôtre. La gentille présentatrice d’une chaîne de télé n’a pas manqué de lui poser la question : est-ce que les récentes attaques de requins aux Seychelles ont eu une incidence sur la fréquentation touristique dans son archipel ?
Réponse claire et nette : NON !
Il faut saluer bien bas la courtoisie, le tact, la diplomatie et, pour tout dire, la gentillesse de ce ministre qui a expliqué pourquoi, nous les Réunionnais, avions à nous plaindre de la baisse du tourisme et de la fermeture des boutiques spécialisées dans les plaisirs marins.
Aux Seychelles, il n’y a pas eu d’attaques pendant des décennies. Et d’un coup, depuis trois ans, les attaques se sont multipliées.
"On sait qu’il y a des requins… Ils sont chez eux dans la mer… Nous prenons le risque en y allant… Mais nous n’en faisons pas les gros titres des journaux et des télévisions pendant des années !..." Je traduis de mémoire, cela va de soi.
Autre précision de taille donnée par ce gentil monsieur : "Aux îles Hawaii, il y a des attaques mortelles tous les deux mois mais ils n’en font pas toute une affaire non plus. Et leur tourisme ne diminue pas".
Les Hawaiiens et les Seychellois n’ont pas moins de cœur que les Réunionnais. Ils souffrent, ils pleurent, quand disparaît l’un des leurs.
Mas ils ne partent pas en guerre, ni contre l’océan, ni contre leur île, ni, surtout, contre eux-mêmes.
Mais ici, nous lé gros cœur. La Réunion est le centre du monde et le nombril de l’univers. Quand na point saucisses, i fé la noce èk in’ queue la morue. On fait péter les titres et les effets d’annonces dans la presse et l’audiovisuel et l’on pleurniche après à cause bande touris’ i vient pu voir à nous.
Un peu de bon sens ne ferait pas mal dans le tableau.
Jules Bénard


